10.03.2008

Collatéraux

Après une rupture comme celle-ci, les relations pansement et les phrases sans verbes, aux slogans : La vie continuelle ! Haut les cœurs ! Aux armes ! Regardez moi dans les yeux ! Même mouillées, elles sont sèches !

Sida : baisons futés (Jacques Séguéla) (diagnostic personnel : ton cerveau termine de surmonter une intoxication légère au Beigdeder. Reprends un verre d’eau).

Lui sourire quand elle vous crache dessus (la salope) pour se voir un peu comme un personnage de roman pour lot de consolation. Se rappeler quel personnage de roman de gare méprisable tu as été (et lequel tu resteras, et avec quelle complaisance et si ta complice sera encore une jolie brune). Savoir qu’être irréprochable est d’un ennui infini avec les gens qu’on apprécie. Décevoir d’emblée, ainsi, on ne trompe personne. Se rendre compte que tu viens de perdre le seul problème que tu avais dans la vie. Terroristes. Rebelles. Assassins. Combattants de la liberté. Le point de vue est au choix. Devoir sourire car on est en bonne santé, logé à l’œil, jeune. Ou grand. Brillant. Pathétique. Savoureux. Talentueux. Stoïque. Self-made. Résigné. Humain. Quelque chose. On laisse l’et cetera à l’appréciation des autres.

L’enfer (du devoir).

Sensation de reprendre les armes à la fin d’une relation où l’on se laisse aller quelques mois : Vous savez, ce genre là, quand l’attrait dépasse les premiers contacts, mais. Et comme on avait rien d’autre à faire, en attendant le printemps. Relations pansement. Etre en couple attire encore plus.

1457255626.jpgRepenser la situation, jauger à nouveau, reconsidérer, étalonner à nouveau. (Il suffit de sortir de chez soi et de parler et puis tout enchaîne à nouveau). On dirait un terme équestre.

A nos chevaux, A nos femmes, et cetera. Aux armes.

La vie continue.

Ex, e, x.

Le geôlier aime sa prison dorée au moins autant que le prisonnier. C’est comme le vélo. On se précipite vers la prochaine chute. Ces belles relations de quelques mois, il faut bien les terminer avec le même soin que les autres. Quand on a eu vingt ans pendant cinq ans, en traversant un désert. Quand on a eu vingt ans pendant deux heures, en regardant par la fenêtre, en se disant « pas mal cet appartement », puis en prenant le métro.

Mais entre deux ?

Il y a ces choses que l’on remue chez l’autre et il faut bien avoir ça sur la conscience, même fugitivement. On a joué à quatre mains, mais.

Alors on écrit ce genre de texte (ici complètement hors contexte), dont on retrouve un jour le brouillon :

« Je n’ai jamais voulu te blesser (mais l’était-elle vraiment). Je suis parti sans un mot, à ta demande (valait mieux), te laissant derrière la porte que tu refermais délicatement (sous entendu j’ai été pleuré). Ce moment que nous partagions (phrase inachevée, voulant sûrement résumer l’essence de quelques mois). J’ai rêvé des nuits après « te prendre dans mes bras, de toute ma carrure et mon épaule de recueillir, mes mains autour de ton précieux visage (je vois encore ce que j’essayais d’exprimer) qui mérite mieux que moi (la chose à ne pas dire) ». Je me suis excusé mais tu ne le sais pas, envers toutes les femmes de ton rang (là aussi, je crois me comprendre) ne méritant pas de souffrir, ne serait-ce que ce soir là (ce regard ce soir là vaut-il les quelques semaines de complicité ?) »

A me relire je me dis que je me regarde écrire (piteusement), et je ne sais plus si c’était pour moi ou pour elle. Pour être honnête je ne suis plus sûr à 100% de la destinatrice (temps troublés). Note pour plus tard ? Brouillon d’une lettre ?

Entre deux.

Ce dont je suis sûr est que ça partait d’un bon sentiment.

L’enfer.

Et puis, on ne dit rien. Ces lettres, on ne les écrit jamais car on ne doit pas. Parce que c’est forcément maladroit.

Il n’y a de dernier adieu que celui qu’on ne dit pas.

Tiens, ça ressemble à une bonne citation.

Commentaires

"Se rendre compte que tu viens de perdre le seul problème que tu avais dans la vie."
c'est sans doute cela.
Le billet que j'avais besoin de lire ici ou ailleurs, merci.

Ecrit par : Jen | 10.03.2008

*Chère Very Importante Blogueuse* (j'ai envie d'y être car ils me refuseraient) (ahah quand même)

Ce n'est que le (modeste) pendant de ce que j'ai pu lire chez toi il y a deux ans ;)

Ecrit par : Brg | 11.03.2008

ah bon ?!! merde j'étais un génie il ya deux ans, chiottes faut que je régresse alors.
ouais t'as vu ça, vib j'adore.
tu sais que je peux parrainer si ça te branche...

Ecrit par : Jen | 11.03.2008

Voilà on complimente et les artistes se vexent quand même. ça m'apprendra tiens.

Bah ouais ça me branche, en même temps s'ils m'acceptent ça veut dire que jamais je ne voudrais faire partie de ce club, tu connais la maxime de groucho. Nan nan je vais rester Little Important Blogueur, ça me va'

Tsais que j'ai voté pour toi comme un bon élève suite à ton lien. rhalala.

edit
(j'ai vu ça à l'instant sur la page d'accueil H&F
"VIB"
"Sweet Mary Jen" (carter?)

la classe !

Ecrit par : Brg | 11.03.2008

;)
merci pr le vote
bon cela dit j'ai pas fait de note pour appeler au vote, ça me saoule je me demande pourquoi je m'étais inscrite, n'importe quoi jen !
bizzz

Ecrit par : Jen | 11.03.2008

pourvu que tu ne rêves pas de moi... :D

Ecrit par : Jen | 11.03.2008

Non j'ai rêvé de chocolat blanc et de jus d'orange. (Encore un rêve prémonitoire)

Ecrit par : Brg | 12.03.2008

c'est vrai que ça sonne comme une bonne citation mais ça renvoie à toutes les angoisses de mort... ou alors c'est moi qui suis trop névrosée :)

Ecrit par : dragibus | 12.03.2008

(Stupide, je n'avais pas vu ça sous cet angle)
J'ai enfin retrouvé ça (pas trouvé sur evene), la citation complète est :
"En amour, il n'y a de dernier adieu que celui qu'on ne dit pas" Antoine de Rivarol
un obscur écrivain français d'origine italienne du 18e

hey, mais y a pas dit que des conneries'

Ecrit par : Brg | 12.03.2008

La voix, c'était Pierrot Moscovici.

Ecrit par : Fabre | 07.04.2008

Merci pour tes lumières ! Les Pierre rêvent-ils souvent à la lune.

Ecrit par : Brg | 07.04.2008

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