14.03.2008

Genèse

1118002243.jpgUne semaine que j'écoute Paris sous les bombes (été 1995) en boucle sur deezer. Faites chauffer vos ghetto blaster altec lansing 3.1
Encore une coïncidence, je n'étais pas au courant de leur « retour » jusqu'à aujourd'hui (sur un blog, et par hasard sur youtube-canal +). Ça me fait penser à mes quinze ans, à la banlieue, au lycée, au collège et pas mal d'images en vrac.

J'habite paris depuis cinq ans.
Quand on me demandait « d'où tu viens ? » dur de dire Paris, à une époque où je ne savais situer sans hésiter que Saint-Michel et Chatelet. Et l'Elysée-Montmartre. Dur de dire ça en province, en général. A trente kilomètres à quinze ans sans carte orange et sans permis, on est déjà loin de la capitale.
De Paris (faux), d'Evry (pas assez connu et inexact), de la banlieue sud de paris (un peu long, un peu générique) de la banlieue sud (si Paris était le nombril du monde), de banlieue (misérabiliste, trop vague), de fleury-mérogis (et tu y étais pour quoi ?) de Paris-sud (mouais) d'Essonne (? mouais, autant dire de l'oise, de l'eure) de Sainte geneviève des bois (à la campagne ?) de Saint-Michel (Notre Dame ?) de Viry-châtillon (métal hurlant ?) de Savigny (?) de Grigny (?), de Bondoufle (Urquinaona ?), de Courcouronnes, de Corbeil-Essonne (ok là on voit).

Un peu de tout.

Et quelle est la spécialité de la région ? Les migrations pendulaires, la violence, l'ennui et les histoires d'amour adolescentes. Pour le brie et les confiseries à la rose, il faut aller en Seine-et-Marne.
Ah, le shit. (edit : disiz la peste, et les mac drive, aussi)
Le commerce de détail en général. La logistique. Quelques entreprises industrieuses en déclin - françaises.

Non c'est plus pratique et plus correct de dire de bretagne, du nord, de picardie, d'alsace, des landes, de marseille, de marseille-nord, de CORSE, je suis espagnol, basque, américain, chinois, je t'emmerde.

Moi j'étais banlieusard.

Et « illettré » à l'époque du lycée (3 de moyenne en seconde). Je n'écrivais pas pour moi, je n'exprimais rien, sauf le jour où j'ai été renvoyé de mon ZEP - vous vous souvenez de l'assurance scolaire responsabilité civile obligatoire à 63 francs par an ? merci à environ 560 d'entre vous d'avoir souscrit -, qui était bien mieux que le LEP voisin.
Dans « LEP », le P ne veut pas dire prioritaire.
La PUP n’existait pas encore, mais la BAC 91, si. Ils roulaient en R25 injection à 150 en ville. On s’rait cru à Miamaï.
On s’attache toujours à l’endroit où l’on grandit. Les villes nouvelles comme Evry et leurs zones urbaines n’ont pas d’histoire, pas de monuments (si, une cathédrale année 80, la prison, et des centres commerciaux). La plupart du temps, il ne se passe rien. C’est une ambiance, une coloration du quotidien. Des provocations quotidiennes, moins fréquemment, des drames, le plus souvent à l’intérieur des foyers. Des rangées de maisons bouygues roses et grises sans terrain, des rangées de belles meulières en mauvais état, des Ed l’épicier – j’ai toujours cru que c’était édouard l’épicier pour une chaîne qui voudrait se donner un air de quartier authentique, comme une confiture industrielle avec son pochon vichy. Avant que ma copine ne contracte sa première maladie chronique : un CDD chez L’Epicier Discount - E.D.

Je n'aime pas trop les gens qui jugent sur des « rapports de faits objectifs AFP ». Un tel a frappé l'autre, il mérite ça. un élève a frappé un prof. Une agression. Un condamné. Vous y étiez ? Comment se passent les choses, dans la réalité, la dimension qu’on a toujours tendance à oublier. Ça donne ensuite des stupidités du genre uniforme à l'école, lettre de Guy Môquet – qui est juste une station de la ligne 13, pas de quoi en faire une lettre -, discipline, à mort !, mettre en prison celui qui etc

Ça y est, je donne déjà dans l'angélisme. Il faut restaurer l'autorité, à bas mai 68, garde à vous mon général.

Après avoir échangé quelques bleus avec quelques uns de mes contemporains – ah les chenapans, les sauvageons - et vu quelques trucs un peu moches d'assez près, je ne peux pas avoir une vision catégorique sur un fait divers - et même sur la politique, j'ai assez de mal à tout concilier.

Quand je dis violent, c'est une ambiance, une coloration au quotidien (edit, bis), la vie est douce pour les classes moyennes sans ça. Il suffit d'éviter les ennuis, et on apprend à le faire. ça mobilise juste un temps de cerveau quotidien. Ça et les filles.
C'est aussi l'âge qui le veut : On est vulnérable à tout tant qu'on ne nous appelle pas « monsieur ». Impliqué dans tout ce qu'on croise, aussi.

En 1995 donc, j'écoutais deux choses principalement, NTM, et du hard – Slayer, Suicidal Tendencies, Infectious Groove etc. Et Nirvana, évidemment. Toujours bon d'entendre ça.

Commentaires

C'est vrai que c'est con d'avoir un avis tranché sur la responsabilité d'un protagoniste concernant un fait qui relève de l'interaction entre deux individus qu'on ne connaît pas (sauf peut-être dans les cas comme "un tueur en série qui tue une innocente victime au hasard", encore que la notion de culpabilité peut être discutée) en fait le drame de notre espèce c'est qu'on est angoissé si on ne peut pas avoir un avis sur tout. Avoir un avis, c'est avoir l'impression d'avoir un contrôle et une compréhension du monde à laquelle on ne peut pas accéder. Ne pas avoir d'avis, c'est accepter nos limites et ça on a vraiment du mal.

Ecrit par : dragibus | 15.03.2008

Faudrait que les gens fassent l'effort de ne pas tout voir en noir et blanc. Moi aussi, quand je lis certains compte rendus judiciaires dans les journaux, je me demande pourquoi la peine est si faible. D'un point de vue les choses ont toujours l'air assez simple.

Tombé dessus par hasard, j'avais complètement oublié ça :
http://www.deezer.com/track/1249
sacré will

Ecrit par : Brg | 15.03.2008

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