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30.03.2008

Hey, cliché !

Viens, ça ne dure qu'un instant.

La diffraction de la lumière visible dans le smog parisien. L'aube des cinquante derniers printemps.

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podcast
 

Playlist pop de printemps (trash & autres)

The Beatles - Here comes the sun
Bobby Hebb - Sunny
Aerosmith - Sweet emotion
Bill Withers - Lovely day
Bob Marley - I can see clearly now (et non pas Sun is shining)
Doc Gynéco & Stomy Bugsy - Oye sapapaya (ahah)
Jamiroquai - Butterfly
Jerry Lee - Today I started loving you again
Keziah Jones - Rythm is love
Marvin Gaye - What's going on'
Morcheeba - The Sea
Nirvana - On a plain
Otis Redding - Do you like good music / My girl
Patsy Cline - Back in baby's arms
Portishead - It could be sweet
Ray Charles - The right time / Hallelujah I love her so
Robbie Williams - Feel
Snoop dogg - Gin & Juice (c'est le printemps aussi à Los Angeles)
Suicidal tendencies - Surf & Slam " "
Smash Mouth - I'm a believer
Texas - Inner smile
Sugar Ray - Spinning away
Supertramp - Goodbye stranger
...

...
Menelik - Quelle aventure

28.03.2008

Vis ma vie de bobo. Pénélope n’est pas ma copine*

- Préambule -
Chers fidèles lecteurs au pluriel. J’aime voir mes stats dégringoler de l’olympe (400) au caniveau (20). Ce n’est pas ironique, ce blog est fait pour ça, j’aime les petites audiences confidentielles. J’aime quand le flux bordélique des visites se décante jusqu’aux dernières personnes, fidèles et infidèles, lecteurs et lectrices donc, qui passent pour voir. Je peux presque chuchoter ce billet aux personnes dont je connais le son (strident, mais charmant) de la voix. Salut ma petite IP Wanadoo, comment vas-tu ? (au tuyau de…). Noos irons boire une Warsteiner ? ahah, une petite pièce pour celle-là. J’aime les ambiances fin du monde, dernier carré. Ok, j’aime dramatiser.

Nan je ne vais pas m’énerver, pénélope est gentille, c’est de notoriété publique. Et pi elle est fiancée à un grand brun qui met un tee-shirt à manches courtes sur un tee-shirt à manches longues, comme as, à la cool. Mais seulement le week-end. Le reste du temps, il doit être brillant (et ça c’est momentanément irremplaçable). Je suis aigri parce que l’autre est parti en Thaïlande. Et en Italie aussi apparemment. En fait, je cherchais un titre à cette note.

Quand je dis vis ma vie de bobo, je voulais parler de moi.

Après une semaine de ramadan, à manger du riz sec au coucher du soleil, boire de l’eau de la Seine au Pulco (pleurez) et à compter mes dernières cigarettes avec mon ami Wilson™, j’ai décidé qu’il était temps de rompre le jeûne et d’envoyer un e-mail à mon conseiller pour qu’il me conseille sur la façon de retirer de l’argent sur un compte à découvert sans avoir à payer d’agios à cause de la mafia italienne : Suivez, un peu, un italien sur une vespa, aux cheveux gominés, en marcel, qui reluquait bizarre l’apn que je portais en bandoulière a fait une « image » de ma carte bleue et s’en est servie pour vider mon compte à un DAB à Bologne, et s’empiffrer de plusieurs centaines d’euros de mozarella aux dioxines arrosée d’un formidable petit chianti (applaudissez).

D’où mon silence. Avec 30 grammes de riz dans le sang, mon blog n’a plus de piles.

Autant dire la première Marlboro m’a presque fait trébucher sur le trottoir de mon ancien quartier où est ma banque, à Paris, un vendredi matin, capitale du monde libre. Ça me rappelle les 3 feuilles-banane au petit-déj en 95. Laisse, une recette à moi.
Un Brocciu qui vient direct (dans les bacs) du producteur et des œufs et du pain traaadition fraaaançaise. Tout ça avec du confit de roses qui va bien ramené par tantine de Nice. T’y es fou, on ne dit pas des mots comme tantine ou assimilés dans ma famille ; On appelle les humains par leur nom propre ou commun, et les animaux avec une particule (De Rose, pétale - Des Neiges, panthère - Woolfy, de Saint-Cloud).
 
Du Coca frais et des cigarettes américaines, filtres. Le LUXE.

Tout ça pour vous dire, en chuchotant, que ce brocciu tabasse. C’est pas du fromage pour touristes qu’on trouve partout ailleurs. C’est ça être un bobo.

Bref, continue de manger avec les mains tes frites mc cain dégueu dans ta vie de con, tu fais ce que tu veux, je suis extrêmement tolérant. Mais tu peux repasser me dire bonjour à l’occas, ici ça reste ouvert jusqu’à ce que je me casse.


*non mais sans déc, « pénélope est ma copine » à insérer (à découper plus exactement) sur ton blog (ou pire, vu en signature sur un forum…). On l’a forcée à faire ça ? ça veut dire que je ne suis pas le seul weird du coin ? Ok, on est no-limit donc. Quelque part, ça me rassure. Je revois toujours la gueule de Stéphane, et sa grosse voix, sérieux comme un pape du haut de ses 22 ans quand on était ado « Les gars, LES GARS. Abusé. Vous A-BU-SEZ. »
(Nan, je préfère l’autre bannière. Moi aussi, ma vie est tout à fait fascinante)
(Paraît que le jeûne développe la spiritualité)
 
Edit
 
Test
 


∆ Tu penses, ah ouais, quand même
∆ Tu es tombé sur cette vidéo par hasard (je le jure) mais tu l’as mis dans tes favoris sur youtube
∆ Cette vidéo te rappelle une copine qui te faisait du rentre dedans, tu vas sur facebook voir au cas où. Et tu es resté fidèle, conno
∆ Tu es hypocrite
∆ Alizée est mon amie
ٱ Naze, sans intérêt
ٱ J’arrive pas à lire la vidéo

Résultats du test

Majorité de triangles : Bravo, tu es un mâle hétéro et sexuellement actif (quand tu peux).

19.03.2008

Attente et plaisir

Une étude sur des mammifères.

Attends un peu chéri, je te promets que tu pourras en manger bientôt. Le singe me rappelle beaucoup la « 2nd 9 ». Les hommes vont comprendre.

17.03.2008

Représentant

Vous le reconnaîtrez facilement, il harangue tous les voyageurs de la rame sur la ligne 8. Sa ligne de métro. Ce n’est pas qu’il n’a rien bu, mais il est de ces types à la sobriété feinte, ceux qui tiennent vraiment bien l’alcool ; Son élocution n’est en rien altérée, son haleine n’empeste pas, ses jambes ne le trahissent jamais. Il fait penser à un clochard norme française survitaminé. Invariablement il parle aux gens, se retourne sur les jolies filles dans la rue, virevolte dans le wagon de métro. Je dis virevolter, il ne danse pas. Il chante.

Il dégaine son micro cinq vitesses (un pommeau de levier de vitesses de citroën AX).

Après son speech décalé, il chante décalé. Il gueule trois phrases d’un classique français, du genre la vie en rose, du genre chanson française des années 80 que je m’efforce de ne pas connaître. Oh la belle vie, sans amour, sans soucis, la beeeeelle vie.

Il dit à la rame donnez-moi quelque chose pour que j’arrête de chanter.

Il parle aux gens. Oh vous êtes beaux vous, je peux m’asseoir là deux minutes. Et l’autre là-bas, elle est magnifique. Attendez je vais aller la voir. A ceux qui rentrent là, moyens, et il fait un clin d’œil au couple. Et toi le jeune en s’adressant à moi et en s’asseyant. Oh il est beau en plus, c’est pas possible. Je te donne 18/20 toi. Vous avez quel âge ? 28, 29 ? Et c’est quoi ton prénom ? Moi c’est Fabrice. Attends.

Je le recroise dans la rue l’autre jour, après des milliers de visages il repart à zéro et m’arrête :
« Oh le beau gosse ! »
(…)
« Et ce sourire ! »
« Non mais vraiment… »
Tu n’aurais pas du feu ?
Je lui donne ce que j’ai et lui insiste pour que je garde une cigarette sur le paquet presque fini dont je n’ai pas réellement besoin.

Fabrice était commercial, dans son ancienne vie.

14.03.2008

Genèse

1118002243.jpgUne semaine que j'écoute Paris sous les bombes (été 1995) en boucle sur deezer. Faites chauffer vos ghetto blaster altec lansing 3.1
Encore une coïncidence, je n'étais pas au courant de leur « retour » jusqu'à aujourd'hui (sur un blog, et par hasard sur youtube-canal +). Ça me fait penser à mes quinze ans, à la banlieue, au lycée, au collège et pas mal d'images en vrac.

J'habite paris depuis cinq ans.
Quand on me demandait « d'où tu viens ? » dur de dire Paris, à une époque où je ne savais situer sans hésiter que Saint-Michel et Chatelet. Et l'Elysée-Montmartre. Dur de dire ça en province, en général. A trente kilomètres à quinze ans sans carte orange et sans permis, on est déjà loin de la capitale.
De Paris (faux), d'Evry (pas assez connu et inexact), de la banlieue sud de paris (un peu long, un peu générique) de la banlieue sud (si Paris était le nombril du monde), de banlieue (misérabiliste, trop vague), de fleury-mérogis (et tu y étais pour quoi ?) de Paris-sud (mouais) d'Essonne (? mouais, autant dire de l'oise, de l'eure) de Sainte geneviève des bois (à la campagne ?) de Saint-Michel (Notre Dame ?) de Viry-châtillon (métal hurlant ?) de Savigny (?) de Grigny (?), de Bondoufle (Urquinaona ?), de Courcouronnes, de Corbeil-Essonne (ok là on voit).

Un peu de tout.

Et quelle est la spécialité de la région ? Les migrations pendulaires, la violence, l'ennui et les histoires d'amour adolescentes. Pour le brie et les confiseries à la rose, il faut aller en Seine-et-Marne.
Ah, le shit. (edit : disiz la peste, et les mac drive, aussi)
Le commerce de détail en général. La logistique. Quelques entreprises industrieuses en déclin - françaises.

Non c'est plus pratique et plus correct de dire de bretagne, du nord, de picardie, d'alsace, des landes, de marseille, de marseille-nord, de CORSE, je suis espagnol, basque, américain, chinois, je t'emmerde.

Moi j'étais banlieusard.

Et « illettré » à l'époque du lycée (3 de moyenne en seconde). Je n'écrivais pas pour moi, je n'exprimais rien, sauf le jour où j'ai été renvoyé de mon ZEP - vous vous souvenez de l'assurance scolaire responsabilité civile obligatoire à 63 francs par an ? merci à environ 560 d'entre vous d'avoir souscrit -, qui était bien mieux que le LEP voisin.
Dans « LEP », le P ne veut pas dire prioritaire.
 
La PUP n’existait pas encore, mais la BAC 91, si. Ils roulaient en R25 injection à 150 en ville. On s’rait cru à Miamaï.  
 
On s’attache toujours à l’endroit où l’on grandit. Les villes nouvelles comme Evry et leurs zones urbaines n’ont pas d’histoire, pas de monuments (si, une cathédrale année 80, la prison, et des centres commerciaux). La plupart du temps, il ne se passe rien. C’est une ambiance, une coloration du quotidien. Des provocations quotidiennes, moins fréquemment, des drames, le plus souvent à l’intérieur des foyers. Des rangées de maisons bouygues roses et grises sans terrain, des rangées de belles meulières en mauvais état, des Ed l’épicier – j’ai toujours cru que c’était édouard l’épicier pour une chaîne qui voudrait se donner un air de quartier authentique, comme une confiture industrielle avec son pochon vichy. Avant que ma copine ne contracte sa première maladie chronique : un CDD chez L’Epicier Discount - E.D.

Je n'aime pas trop les gens qui jugent sur des « rapports de faits objectifs AFP ». Un tel a frappé l'autre, il mérite ça. un élève a frappé un prof. Une agression. Un condamné. Vous y étiez ? Comment se passent les choses, dans la réalité, la dimension qu’on a toujours tendance à oublier. Ça donne ensuite des stupidités du genre uniforme à l'école, lettre de Guy Môquet – qui est juste une station de la ligne 13, pas de quoi en faire une lettre -, discipline, à mort !, mettre en prison celui qui etc

Ça y est, je donne déjà dans l'angélisme. Il faut restaurer l'autorité, à bas mai 68, garde à vous mon général.

Après avoir échangé quelques bleus avec quelques uns de mes contemporains – ah les chenapans, les sauvageons - et vu quelques trucs un peu moches d'assez près, je ne peux pas avoir une vision catégorique sur un fait divers - et même sur la politique, j'ai assez de mal à tout concilier.

Quand je dis violent, c'est une ambiance, une coloration au quotidien (edit, bis), la vie est douce pour les classes moyennes sans ça. Il suffit d'éviter les ennuis, et on apprend à le faire. ça mobilise juste un temps de cerveau quotidien. Ça et les filles.
C'est aussi l'âge qui le veut : On est vulnérable à tout tant qu'on ne nous appelle pas « monsieur ». Impliqué dans tout ce qu'on croise, aussi.

En 1995 donc, j'écoutais deux choses principalement, NTM, et du hard – Slayer, Suicidal Tendencies, Infectious Groove etc. Et Nirvana, évidemment. Toujours bon d'entendre ça.

13.03.2008

L'euthanasie pour le capitaine

Et non l'inverse. Ou comment "Bloguer sereinement".

Je mets ici un lien vers l'article d'embruns.net, vous verrez donc le mien : Laurent Gloasgen, bonjour.

Reprenons dans une chronologie inversée :

Réflexion du matin, 12 mars, 10h19. Extrait d'un autre blog que vous citez.

    C’est aussi qu’en avançant en âge, on avance en sagesse, et qu’on apprend à réfléchir avant de parler, et encore plus d’écrire, puisque les écrits, particulièrement sur la blogosphère, demeurent, voyagent et peuvent se retrouver God knows where. Je me mords donc les lèvres, les joues, la langue et les dents. [Les chroniques du patio.]

God knows where, that's here. ça ferait un bon titre de blog. Bien vendeur.

La malchance : L'image pour un visiteur occasionnel - beaucoup de chemins mènent à Rome.net, de voir cet article en première page, à côté d'autres sur secret story 2, les camps de la mort en chine ou la question du jour :

Le modem est-il une pute ?

Rajoutons un saupoudrage d'annonces google. Contextuelles, évidemment.

J'ai l'impression d'être dans la rue et de passer devant un marchand de presse bien obligé de tout vendre, bien obligé de faire son beurre. Vous savez, les panneaux qui attirent l'oeil.

131 commentaires plus tard.
Aucune critique sur l'article en lui-même
Beaucoup de "merci" d'avoir abordé le sujet.
Des chrétiens ouins-ouins et des partisans du droit de disposer de soi-même - la réponse est dans l'énoncé, comme prévu. ça chante, ça cite Molière, ça remue tout ça.

Laurent Gloasgen intervient dans les commentaires - numéro 89 :
Vous m'excuserez d'intervenir, ce que je trouve un peu nul, voire indécent, c'est le manque de compassion et de sympathie pour l'héroïne de ce billet, Chantal Sébire.
Manifestement, certains intervenants ici n'ont jamais été confrontés directement à la situation et théorisent froidement autour de la défense d'un dogme.
Les idées privées d'humanité, sans chair, ça me fait un peu gerber.
Cessons de nous voiler les yeux, l'euthanasie existe en France, exactement comme l'IVG avant 1975. Il serait plus que temps que le législation épouse et encadre la pratique, justement pour éviter tout débordement et pour donner une réponse juste, équitable et sensible à Madame Sébire.
"La vie vaut mieux que la mort". Pour écrire quelque chose d'aussi vide de sens… Mon sujet au baccalauréat, vers 1984, c'était "en quoi la mort donne-t-elle sa valeur à la vie". La réponse à fournir était bien sûr que mort et vie sont le même concept, indissociables, se définissant l'un l'autre, la même essence, les deux faces de la même pièce.
Il est un moment où la pièce doit être retournée. Et les progrès de la science avançant, il sera de plus en plus souvent nécessaire d'aider la pièce d'une pichenette. C'est une réalité à affronter, alors, les autruches chrétiennes…
Ils sont certains qui devraient remettre les pieds dans la vie, dans le sang, dans la merde.

On sent presque, effectivement, comme monter une odeur forte. Celle qui fait que je ne peux pas m'empêcher d'écrire ce billet, même en me mordant les lèvres, sans faire de mauvais esprit.

Vous écriviez par exemple le 14 février un billet à propos du Post.fr intitulé L’actu sexe avec LePost.fr :
Je ne sais pas si l’on peut résumer un projet éditorial sur le Web à ses “meta keywords”, mais ceux du site LePost, nouvelle scorie de la filiale Internet du journal Le Monde (avec une participation conséquente de Lagardère), sont pour le moins assez révélateurs (c’est moi qui graisse les plus surprenants) :
[suit la liste des "meta keywords" qui sert au référencement du site dans les moteurs de recherche]
Voilà donc la nouvelle diversification numérique du Monde bien éclairée. J’imagine qu’Hubert Beuve-Méry se retourne dans sa tombe.
L'article complet ici.
 
Je trouve intéressant de faire le lien entre ces deux billets, l'un où vous dénoncez une "dérive" d'un site internet, l'autre deux semaines plus tard où vous étalez les sources, les photos, le reportage dailymotion etc
(et quelle est la liste des tags pour cet article) 
 
Je vous en livre une retranscription, plus accessible qu’une vidéo (il y a des sourds, des malentendants, des aveugles et des déficients visuels sur le Web…) :
 
D'accord, mais c'est tout ? 
 
A propos du problème essentiel de cet article (son manque de sobriété, son aspect, disons-le "pute" pour un sujet grave) : Relayer les propos de cette femme est une chose. Lancer un débat sur le sujet en prenant position une autre. Pourquoi des images ? Pourquoi autant ? Pourquoi intervenir pour montrer une hauteur de vue que vous vous accordez et que vous semblez dénier dans le même geste à vos lecteurs ?
Les journaux et la télévision en ont parlé, j'espère que cette femme a eu la publicité qu'elle méritait et qu'elle voulait. Mais fallait-il montrer tout ça sur votre blog (à titre de comparaison, il n'y avait qu'une photo sur le site du monde.fr, bien suffisante d'ailleurs). J'ai envie de croire que personne ne vous l'a demandé. J'ai envie de croire que tout le monde fait des erreurs, moi le premier : Montrer ça publiquement (je sous-entends ici, de cette façon), reprendre des images d'ailleurs, sans plus d'analyse ni de questionnement, tout ça rappelle la grande époque des émissions d'actus des années 90.
Vous ne pouvez être que meilleur d'habitude. Et pas forcément fier de tout ça, au fond de vous (j'attaque ce billet ou au pire, ce blog).
Puisque vous semblez affronter les réalités avec courage, j'ai envie de vous dire une chose assez dure :

Merci pour ce débat intéressant et cette prise de position.

Et maintenant, une page de publicité. Contextuelle, s'entend.
 
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10.03.2008

Collatéraux

Après une rupture comme celle-ci, les relations pansement et les phrases sans verbes, aux slogans : La vie continuelle ! Haut les cœurs ! Aux armes ! Regardez moi dans les yeux ! Même mouillées, elles sont sèches !

Sida : baisons futés (Jacques Séguéla) (diagnostic personnel : ton cerveau termine de surmonter une intoxication légère au Beigdeder. Reprends un verre d’eau).

Lui sourire quand elle vous crache dessus (la salope) pour se voir un peu comme un personnage de roman pour lot de consolation. Se rappeler quel personnage de roman de gare méprisable tu as été (et lequel tu resteras, et avec quelle complaisance et si ta complice sera encore une jolie brune). Savoir qu’être irréprochable est d’un ennui infini avec les gens qu’on apprécie. Décevoir d’emblée, ainsi, on ne trompe personne. Se rendre compte que tu viens de perdre le seul problème que tu avais dans la vie. Terroristes. Rebelles. Assassins. Combattants de la liberté. Le point de vue est au choix. Devoir sourire car on est en bonne santé, logé à l’œil, jeune. Ou grand. Brillant. Pathétique. Savoureux. Talentueux. Stoïque. Self-made. Résigné. Humain. Quelque chose. On laisse l’et cetera à l’appréciation des autres.

L’enfer (du devoir).

Sensation de reprendre les armes à la fin d’une relation où l’on se laisse aller quelques mois : Vous savez, ce genre là, quand l’attrait dépasse les premiers contacts, mais. Et comme on avait rien d’autre à faire, en attendant le printemps. Relations pansement. Etre en couple attire encore plus.

1457255626.jpgRepenser la situation, jauger à nouveau, reconsidérer, étalonner à nouveau. (Il suffit de sortir de chez soi et de parler et puis tout enchaîne à nouveau). On dirait un terme équestre.

A nos chevaux, A nos femmes, et cetera. Aux armes.

La vie continue.

Ex, e, x.

Le geôlier aime sa prison dorée au moins autant que le prisonnier. C’est comme le vélo. On se précipite vers la prochaine chute. Ces belles relations de quelques mois, il faut bien les terminer avec le même soin que les autres. Quand on a eu vingt ans pendant cinq ans, en traversant un désert. Quand on a eu vingt ans pendant deux heures, en regardant par la fenêtre, en se disant « pas mal cet appartement », puis en prenant le métro.

Mais entre deux ?

Il y a ces choses que l’on remue chez l’autre et il faut bien avoir ça sur la conscience, même fugitivement. On a joué à quatre mains, mais.

Alors on écrit ce genre de texte (ici complètement hors contexte), dont on retrouve un jour le brouillon :

« Je n’ai jamais voulu te blesser (mais l’était-elle vraiment). Je suis parti sans un mot, à ta demande (valait mieux), te laissant derrière la porte que tu refermais délicatement (sous entendu j’ai été pleuré). Ce moment que nous partagions (phrase inachevée, voulant sûrement résumer l’essence de quelques mois). J’ai rêvé des nuits après « te prendre dans mes bras, de toute ma carrure et mon épaule de recueillir, mes mains autour de ton précieux visage (je vois encore ce que j’essayais d’exprimer) qui mérite mieux que moi (la chose à ne pas dire) ». Je me suis excusé mais tu ne le sais pas, envers toutes les femmes de ton rang (là aussi, je crois me comprendre) ne méritant pas de souffrir, ne serait-ce que ce soir là (ce regard ce soir là vaut-il les quelques semaines de complicité ?) »

A me relire je me dis que je me regarde écrire (piteusement), et je ne sais plus si c’était pour moi ou pour elle. Pour être honnête je ne suis plus sûr à 100% de la destinatrice (temps troublés). Note pour plus tard ? Brouillon d’une lettre ?

Entre deux.

Ce dont je suis sûr est que ça partait d’un bon sentiment.

L’enfer.

Et puis, on ne dit rien. Ces lettres, on ne les écrit jamais car on ne doit pas. Parce que c’est forcément maladroit.

Il n’y a de dernier adieu que celui qu’on ne dit pas.

Tiens, ça ressemble à une bonne citation.

08.03.2008

La cigarette d'après

1648955107.jpgIl y a quelques années les étés étaient très chauds et humides à Paris.

Fumer cette cigarette, ce serait celle que l’on fumerait après un long footing, une heure après, en attendant que les muscles se relâchent, après une abstinence de vingt quatre heures, étendu dans l’herbe fraîche à l’ombre d’une journée d’été, une légère brise dans les cheveux, le corps repu d’endorphines et d’exercice physique, de contractions, d’efforts et de relâchement complet. Vingt quatre heures d’abstinence et de désir est beaucoup pour un fumeur régulier dans la période où il est accro – c'est-à-dire où il organise, ne serait-ce que très légèrement, sa vie pour pouvoir fumer aussi souvent qu’il le souhaite. La sensation de manque grandissant est elle-même très plaisante. La rupture du jeûne catalyse l’effet de la nicotine sur les synapses. Et d’expérience, on anticipe le flot de la drogue, l’accord de sa respiration, l’accélération de sa circulation sanguine, cette courte sensation de vide/plénitude à la deuxième bouffée.

Voilà à peu près l’effet que fait la cigarette après un orgasme. Abyme entre évocation et ressenti.

Gin tonic, journaux, radio, équipe du dimanche, et son jus.

Il y a celles que l’on fume couchés, le cendrier sur son ventre juste avant la naissance de ses seins, celles que l’on allume avant d’allumer la lumière pour une sérieuse discussion en se rongeant les ongles, mises au point à quatre heures du matin les yeux déjà cernés quand il faut que tu ailles travailler quelques heures après, celles que l’on fume pendant, avachis sur les fauteuils devant les programmes nocturnes, les restes de junk food et de verres à Martini vides épars en continuant à se parler et à se peloter juste assez, à minima, pour maintenir la tension érotique.

Faut-il que je vous dise sa façon d’écouter en suçant son pouce les chroniques matinales sur France inter trois heures après avoir fait un strip intégral en dansant sur une table d'ami, impériale. Je souris en repensant à tout ça, aux infinités de ses vingt ans – et oui, aux miens - qui feront toujours que, tout en sachant l’étendu du désert mental que j’ai traversé par la suite. Et à toutes celles qui m’ont redonné vie comme la marionnette de Geppetto, sans le savoir.

Ça y est, il fallait en finir. J’ai beau m’appliquer, être vigilant et calme pendant la manipulation, j’ai rarement réussi à éteindre correctement une blonde avec filtre. Subsistent à chaque essai des lambeaux de cendres incandescents.

Il y a la cigarette qu’on allume par principe et par désoeuvrement sous la pluie fine de février ou de novembre en pensant à son corps inerte, au bruit de roulement d’une voiture sur les pavés sales, noyés sous la pluie noire.
 
 
 
(Illustration google images, chambre 2046)

07.03.2008

Parfois je me sens comme ça

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Et c'est agréable de désirer. 

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