« 2008-04 | Page d'accueil | 2008-06 »

31.05.2008

L'Adieu aux armes

19532176.jpgIl arrive même aux portables dernier cri d’avoir une mémoire surchargée (par mimétisme avec leurs propriétaires ?). J’ai dû faire un peu de ménage.
Code is 32 87 B. Then
press for Gaudart at
other door.

Mardi 27 juin 2006. Premier match à élimination directe. L’Espagne, meilleure attaque du premier tour avec 8 buts rencontre l’équipe de France à Hanovre. Dans le même temps, les bleus ont marqué seulement trois fois, par Henry et Vieira. L’équipe de France peine à trouver un fond de jeu, mais sans Zidane contre le Togo, il semblerait que les français aient trouvé une motivation supplémentaire et une certaine cohérence.
 
Au tour d’après, le 1er juillet, ivresse contre le Brésil, samedi soir en France, chaleur estivale jusque dans le ventre de la nuit, sur les quais de Seine.
 
Ce jour là je suis déjà bien en train et je prends le volant sur quelques kilomètres à allure modérée. Je ne veux pas rater la fête qui se prépare. Dans un pub du gang des Irlandais de Paris, sur la rive gauche.
Ça fait presque trois mois de célibat, je fais beaucoup de sport, on voit presque mes abdominaux, je suis presque bronzé et je sens bon le sable chaud et la noix de coco (mon gel douche). Non, en vérité, je suis aussi serein qu’un cheval de bois. Les jupes courtes et les jambes longues dans la rue ne me font aucun effet.
Je suis dans ma caverne avec mon animal porteur de force.
 
Je fais couler le champagne pour quelques unes de mes collègues de comptoir, encore inconnues. Deux américaines qui visitent Paris en couple, très engageantes. Je flaire le bon coup, comme un vieux renard des surfaces, et je copine avec elles, ayant déjà repéré Ashley Madison* sirotant son Bombay Sapphire™ derrière le très affable et sympathique (en bonne santé) couple de blondes de l’Iowa. Dans mon cerveau de beauf reptilien, je pose une équation à deux inconnues
Comptoir + football + deux américaines = champagne.
Plus tard, enfin seuls, quartier latin.

- Oh, your eyes… I wanna touch you all night long.
On sait qu’il n’y aura pas plus. On sait qu’il faut déjà se préparer à partir.
(…)
Me croyant malin, je la regarde et mon sourire plisse mes yeux :
- You seem nervous
- Oh it’s just…
You know…
- What ?
- Well, we are going to fuck, aren’t we ?

(owned)

Les filles du Nord de l’Angleterre. Leeds. Je ne veux pas généraliser. Mais disons qu’elles ont une certaine réputation. On est loin du charme discret ou en tout cas dans la finesse de nos limeuses nationales. Le genre à roter en allant prendre une douche salutaire dans la plus simple tenue au milieu du salon au bout de quelques heures d’intimité. Mais romançons un peu : après dix ans de maternité et de services sociaux, chez nos voisins sacs à bière et mauvais amants la belle infirmière entama un tour du monde en commençant par Paris et nos compatriotes avinés et mauvais amants. Sa chambre de bonne est un trois pièces dont le double séjour pourrait engloutir deux fois mon studio. Il y a des avantages à être nurse pour un richissime couple habitant à la seule adresse convenable à Paris, les Champs-Elysées.

Un vrai sac à vodka, mon foie pourtant agréé par les AA a du mal à suivre le rythme, et pour la partie qui peut se préparer, il faudrait rester dans les limites autorisées par la loi des corps. Elle se déshabille et s’allonge sur le lit, bien au milieu, et me regarde l’air de dire en avant, j’attends de voir ça. Elle a son regard impassible, je me demande si elle n’a pas trop bu, mais apparemment non, c’est un peu Clint Eastwood, avec des seins. J’arrive à la dérider un peu, vous avez deviné.

Mais je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas été très bon amant cette nuit là. L’alcool, une première fois comme une autre, posez moi un flingue sur la tempe pour que j’arrive à terminer l’entreprise.

L’Italie arrive en finale. Finalement les deux équipes les plus critiquées dominent le mondial. Ce n’est pas un hasard. Je repense au brésil vexé de 2002, et le plus vexé de tous, Ronaldo que l’on donnait pour sportivement mort, marque deux buts en finale contre l’Allemagne quatre ans plus tard et finit meilleur buteur du tournoi. La France pour laquelle personne n’aurait parié un rouble en 1998. En 2006, le football italien discrédité par les affaires, et les vieux grognards français dont on se demandait s’ils pourraient vraiment courir 90 minutes : Match nul 1-1.

Pour paraphraser Nicolas Rey, un résultat sportif est une invention stable qui ne varie pas au fil du temps, un résultat sportif est immuable, on ne le recommence pas, on ne l’efface pas. On ne refait pas le match. Le grand match de la vie. Et avec le temps, nous nous rappelons seulement les bons moments.
 

'Courir à trente ans'

*même consonance.

29.05.2008

LA PAGE 33

La page 33. Et quelques autres. Pour écrire un truc, faut avoir un bon dico sous la main (gauche). 20.000 mots mon gars.

J'en profite à tout hasard pour dire que je ne suis plus du tout satisfait de mon portable SAMSUNG acheté en 2005 et plus sous garantie. L'écran LCD est mort (couleurs inverses : écran pratiquement blanc. Alors si toi tu me lis, documentaliste en tailleur chargée de la veille samsung sur internet, je te vois, t'es mignonne. Si tu peux m'envoyer un nouveau portable qui prendra de meilleures photos que le mien (1MPX) ce serait vraiment gentil. J'écrirai un article lèche-cul sans concessions et j'en parlerai en bien de samsung pour toute la vie. En plus, même mon écran de pc est un samsung. T'as vu le bon client. J'aime bien les documentalistes futures PR. Alors hésite pas, si t'entends que je suis lourd c'est une légende.

103403394.jpg
93688661.jpg
2136326197.jpg
847963099.jpg
Moi un tel sourire, je craque. Larousse maxi c'était pour ça.
1110829445.jpg
267045483.jpg
1212854459.jpg
142995750.jpg
207001278.jpg
Ouais, toujours envie de vacances et de plage.
825671438.jpg
1274473582.jpg
facteur (préposé). Levée.
 
 
Je ne sais pas, rien à voir, mais j'ai envie qu'Avril Lavigne chante pour moi :
 
He was a boy,
she was a girl
can I make it anymore obvious?
He was a punk, she did balleeet
what more can I say?
He wanted her, she'd never tell
secretly she wanted him as well
All of her friends
stuck up their nose
they had a problem with his baggy'clothes

He was a sk8ter boy, she said see ya later boy'
he wasn't good enough for heeer, she had a pretty face but her head was up in space, she needed to come back down to eeeeeeeEEEAAAArth.
...

 this is how this story ends, to bad that you couldn't see, see the man that boy could be, there is more than meets the eye, I see the soul that is inside

He's just a boy, and I'm just a girl can I make it anymore obvious?
We are in love haven't you heard? How we rock each others woooOOoorld.

I'm with the sk8ter boy, I said see you later boy I'll be backstage after the show, I'll be at the studio singin' the song he wrote about a girl he used to know

 
1519480452.jpg
 
T'es vraiment une chic fille moi je dis.
 
Et puis je soupçonne Casey Dellacqua la tombeuse de Marion Bartoli de ne pas porter de culotte pour être plus à l'aise sur les revers. C'était donc ça. Si quelqu'un a les photos, mon mail est dans l'à propos. J'en manquerai pas.

27.05.2008

Flying Blue (toujours envie de vacances moi)

Bien vu. Manque peut être des catégories. J'en vois encore une autre.

828079145.jpg
1996162809.jpg
 

Blog de boulet note du 25 mai

(oui Pénélope est sa copine, aussi).

26.05.2008

Ecologie de l'Olivier et autres belles plantes

Je suis lu alors je ne peux plus écrire.

Il faut que je prenne une autre inspiration, apparemment.

 

ça va vous ?

 

- Bon quand même.

Un couple d'amis (ça sent la séance diapos mes pauvres) (en fait non) rentrant de Rio de Janeiro au Brésil (soyons clairs) me dit (le couple, les deux en même temps) sur msn qu'ils ont rencontré mon sosie sur un ferry au large de Rio (c'est également un enculé de couple d'amis). A savoir physique, mimiques, gestuelle, regard en coin, demi-sourire, taille pedigree humour (lourd selon certains esprits chagrins) roublardise, etc.

Mon double s'appelle .... Power. J'ai ri d'une force. C'est déjà mon running gag préféré de 2008 (et dans cette situation, QU'AURAIT FAIT MISTER POWER ??) J'ai eu envie de le rencontrer. Il a eu, la même réaction.

Mon double vit à Boston.

Boston, dans le Massachusetts (C'est évident, je voulais dire Boston dans le Massachusetts : private joke Road Trip).

Après l'université il a plaqué son boulot de merde dans une banque et toutes ces putains de paperasses de merde et a vendu sa baraque et son chien et est parti faire le tour du monde en commençant par l'amérique du sud. Bien joué Carlin. Ensuite, il doit aller en Australie voir si le désert brûle et quelque part en Chine et en Asie du sud-est où il fera quelques nouvelles expériences.

Boire du sang de serpent. 

Je sais.

Je sais qu'il viendra un jour, dans des mois, dans un an, deux ans, à Paris.  At last, we meet, Mister Power.

Pleased to meet you, mister power.

Je rêve de dire ça.

Il me répondra : Yeeeeeah baby.

Ou quelque chose comme ça.

Je lui dirai T'as le mojo. [il était en train d'emballer une brésilienne sur le pont du ferry]

I have a dream. Toujours rêvé d'avoir un frère (jumeau c'est bien), qu'on soit tous les deux une plaie souriante pour le reste du monde, buvant dla duff ou de la bonne bière (Your Brother knows good beer).

J'ai hâte de le rencontrer.

J'ai hâte de passer noël en famille, enfin.

J'ai hâte de profiter de la maison de Dog's Head Harbor, près de Boston, dans le Massachusetts (je sais écrire Massachusetts du premier coup maintenant) (et le prononcer du troisième). ça va être bien.

See ya brotha. Send me an e-mail : chroniques barbares at gmail dot com si tu te googles dans un cyber de Khao San Road l'hiver prochain.

1453392048.jpg
Scène de la vie quotidienne à Boston. Gil Bellows joue le rôle de Mister Power.
Dans l'épisode 21 de la saison 6, on apprend que Carlin a un frère jumeau vivant en France, à Paris. Quelle cachotière, mum.
ça tombe bien, il avait des choses à partager.
 
 
EDIT : Je me disais que mon double n'apprécierait pas de voir son nom comme ça.
C'est pas pour rien qu'il n'est pas sur facebook lui aussi. Appelons le Austin Power.
 
PS : Austin, au Texas.

23.05.2008

Préambule

1593980145.jpgSuis énervé aujourd’hui.
Vous voulez la photo avec des mensurations de mannequin, une bonne grosse chatte en gros plan les jambes écartées et la touche de l’artiste étalée sur le ventre plat ? Vous voulez voir ça ?

L’artiste, photographe ou peintre s’inspire du monde dans lequel il vit et exprime quelque chose Blogosphère, télévision, journaux aguicheurs, radio, films, culture de la prostitution, de la pornographie pour faire vendre (etc, ce n'est pas que ça). Violence envers les femmes, violence envers les hommes, j'y vois beaucoup de choses. Etc.

L’œuvre en elle-même s’appelle L’origine de la connerie humaine.

Le titre complet est De l’origine de la connerie parmi les hommes, ici et ailleurs (2008)

L’œuvre est une œuvre, elle ne méritera aucune justification ni explication a posteriori. L’art, est.

Vais l’exposer au musée de mes couilles chroniques barbares point com. Influence Fight Club parmi d’autres.

Je rajouterai une pub google, ce sera ça le plus immonde et le plus vulgaire (salut capitaine des embruns !). En vous regardant dans les yeux.

Allez décoince Brg, ça ira mieux demain.
T’as mal baisé hier soir ?
T’es aigri ? T’es frustré ? T’as une vie de merde ?
Tu devrais prendre des vacances mon gars.

Quand même envie de commettre un attentat. Avec un sourire de mayonnaise.
 
 
 

21.05.2008

40190

#1 Alésia (75014) - Hossegor (40190) 757 km
1492602098.jpg

J’ai envie, de voir la mer à Narbonne. Ou à Hossegor. On est mardi. Tu travailles demain, oui bien sûr. Tu ne travailles pas. Il est 20h35. Prends quelques affaires, on part cette nuit.

Bienvenue sur le réseau ASF.

Prochaine station :
TOTAL 89 km

SP98 5.594
SP95 5.521
Gazole 5.324
GPL 0.826

2000m

Lavage – restauration – aire de jeux

1200m

J’accélère légèrement à mi-régime et me décale sur la voie du milieu. Les lumières de la station sur la droite, fugitivement (une obsession).

Tic, la jauge descend d’un cran.

Bienvenue sur les autoroutes PRR.

3 heures du matin sur une autoroute du centre de la France. Il fait frais.
La belle dort, la vôtre, cet assemblage divin de chair et d’os, de visc[passage censuré]...g, d’eau pas plus beau que le vôtre.

-    Bonsoir.
Merci.
- Merci.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Mmm on est où ?


Bienvenue sur le réseau ASF.

Cette merveille. Elle est là, et vous osez à peine respirer dans l’habitacle, la voiture roule sur du billard, une boule de billard sur de la moquette. Le chauffage est sur la position douce numéro 2, orienté sur ses pieds nus, la belle dort, je caresse le volant et jette des coups d’œil tous les 100 mètres pour voir son profil calé dans le siège, et ses yeux fermés, ses beaux yeux.
Je souris en faisant attention à ne pas faire de bruit tous les 100 mètres.
Sur cette autoroute, il n’y a que nous.

Fantasme de vacances.

Autres fantasmes du jour :

#2 Key West, Comté de Monroe, 25.478 habitants 
317004087.JPG
Key West est en floride. Key West est plus proche de La Havane que de Miami. C’est la ville la plus au sud des Etats-Unis. A 160 miles de Miami, par la route. Fin de la route numéro 1. On aura loué une V6 automatique à l’aéroport de Miami. Avec trois porte gobelets, le GPS, la climatisation auto, et un ordinateur de bord envahissant. Première Häagen Dazs Capuccino au premier arrêt.
1. Aller au Kelly’s.
2. Manger du bacon.
3. Se promener sur le port – réfléchir à rien.
4. Sentir les embruns du golfe du Mexique.

Tapez 2 pour Key West.

#3 Athènes, Grèce, Cyclades, mer Egée. Encore. 
1891543410.jpg
J’ai vu une sale pub aguicheuse hier. Billet A/R pour Athènes 150€
Traîner à Athènes fin juin, sentir la chaleur accablante au dessus des maisons et des barnums des cafés de la plaka, traîner dans les faubourgs, près des immeubles défoncés, près du pseudo-périph au sud, des échangeurs toujours en travaux, traîner à Omania dans les quartiers nord, traîner au square triste. Prendre le métro un jour pour le Pirée. Une heure presque. Traîner au Pirée dans la foule de bagnoles. Acheter un ticket 3e classe-pont supérieur pour une île choisie au dernier moment. 8€40. Une île sans touristes. Sentir les vibrations de l’énorme diesel.
Sentir l'odeur du diesel et de l’huile écoeurante qui s’échappe de la salle des machines sur le pont supérieur.
Dormir sur un banc, calé contre son sac de voyage.
Se réveiller une heure après et sentir l’air du large. Cigarette affalé sur la rampe.

Tapez 3 pour une île au choix. 
 
921852574.jpg
1139728705.jpg
1721414049.jpg
821652653.jpg
387561102.jpg
1338631024.jpg
397407379.jpg
389854090.JPG
Ouais, envie de faire de la bagnole. De l'avion, du bateau. 
 
Presque prêt à prendre un train. En fait non. J'aime bien les gares. ça gâche une partie du plaisir [le voyage sncf].
 
 
 
EDIT / KARMA :
 
C'est aujourd'hui qu'il faut que je reçoive dans ma boite aux lettres (je développe pour être clair) une carte postale de TAORMINA en forme de Sicile (la carte postale a la forme de l'île).
(...) oranges, pistaches, citrons, pates, pizzas, soleil, panoramas, violons, San Leone e Corleone, chiesa, de la mythologie grecque et romaine, c'est beau à pleurer.
Pour la carte, j'ai pas trouvé plus kitsch, les femmes à poil sur fond de plage étaient pas top (...) ARRIVEDERCI
 
75??? PARIS (la Poste a complété le code postal) (ploucs de provinciaux encore...)
 
Toujours à toi, Ernest.
(ça, je l'invente)
(être clair.)
 
Je n'avais pas de nouvelles d'eux depuis des mois, et je n'étais pas au courant de leur voyage. 
Jamais une carte postale, surtout dans ses éléments les plus convenus n'aura eu autant d'impact sur un homme.
 
ENCULE DE COUPLE D'AMIS.
J'emmerde ceux qui sont à Rio également.

Elle avait quoi dans le ventre quand vous avez fait l’autopsie ?

Un sandwich de ses amours.

Et de la vodka.

20.05.2008

Deux - Zéros

22:09, seconde période.

1368089980.jpg

nightrain

15.05.2008

formulaire 2099-k(afka)


podcast
 

Je ne suis pas le seul en ce moment à chercher ça sur Paris.

14.05.2008

- Quand tu disais ça…

-    Je sais.
Je ne voulais pas te blesser.
-    Oui mais, pfiou. Il t’a écrit. Tes ellipses et ta petite culotte, et ces conneries…
-    Guillaume. Tu te fais du mal.
-    Je me fais du mal ?
-    Il ne fallait pas regarder si tu ne voulais pas voir certaines…
-    Putain…
Il s’écarte et souffle. Elle le retient par le bras. Ça fait dix minutes qu’elle tient son bras, sans le lâcher.
Ils sont tous les deux assis sur un trottoir sec, elle regarde autour d’elle, voit les gens qui passent, elle se dit on a l’air un peu couillons, assis sur le trottoir devant chez nous. La voisine va nous voir. Qu’elle aille se faire foutre.
-    Il travaille toujours là ?
-    Je t’ai dit, il est dans un autre service.
-    …
-    Je le vois une fois par semaine, à peine. Et encore.
Elle regarde ailleurs, impatiente. Impatiente ?
Il aurait envie de partir. Il a envie. Il a envie de lui faire mal à quoi bon. Il pense que lui aussi, a failli la tromper il y a trois mois. En juin. Il repasse mentalement toutes les soirées où ça ne tenait plus qu’à un fil, leur couple. Ces soirées à jeter. Ce mois à jeter. Retour en arrière.
Failli.
Alors ce soir là, quand elle n’est pas rentrée. Il serre les dents. Un connard qui n’en a rien à foutre. Pourquoi veulent-elles toutes la même chose.
-    Guillaume…
Il ne tourne pas la tête, il sait ses yeux. Il ne faut pas qu’il la regarde. Son putain de regard. Il a envie d’elle déjà. Ne pas la regarder. Il joue à faire une marque droite dans la poussière avec l’angle élastique de ses baskets. Ça aussi, il a envie de les jeter.
Il se tourne vers elle, il voit bien qu’elle ne sait plus où elle en est, qu’elle a peur de sa réaction. Ses yeux brillent un peu et font de minuscules aller-retour entre les siens, son visage, ses bras, son torse, discrets. Elle s’humidifie, se mord les lèvres, n’en sait rien. Elle a l’air d’attendre le verdict au bout du compte, au bout de tous ses jeux, elle a l’air d’avoir tout prévu à l’avance.
Lui a la mâchoire douloureuse. Il pourrait l’écraser là, devant la voisine qui regarde par la fenêtre – il l’a vue. Lui casser sa putain de belle petite gueule, quelque chose lui comprime le cerveau et ce serait un acte irréfléchi, sentir ses poings, détruire, autant détruire tout ça, ce qu’on aime par-dessus tout, sans pitié, ne pas y penser, faire ce qu’un corps réclame, le moi prisonnier de la carcasse.
Quand ils font l’amour il y met toute sa rage et elle jouira comme jamais. Sans un mot, cette fois-ci.
 

Toutes les notes