31.05.2008
L'Adieu aux armes
Il arrive même aux portables dernier cri d’avoir une mémoire surchargée (par mimétisme avec leurs propriétaires ?). J’ai dû faire un peu de ménage.Code is 32 87 B. Then
press for Gaudart at
other door.
Mardi 27 juin 2006. Premier match à élimination directe. L’Espagne, meilleure attaque du premier tour avec 8 buts rencontre l’équipe de France à Hanovre. Dans le même temps, les bleus ont marqué seulement trois fois, par Henry et Vieira. L’équipe de France peine à trouver un fond de jeu, mais sans Zidane contre le Togo, il semblerait que les français aient trouvé une motivation supplémentaire et une certaine cohérence.
Au tour d’après, le 1er juillet, ivresse contre le Brésil, samedi soir en France, chaleur estivale jusque dans le ventre de la nuit, sur les quais de Seine.
Ce jour là je suis déjà bien en train et je prends le volant sur quelques kilomètres à allure modérée. Je ne veux pas rater la fête qui se prépare. Dans un pub du gang des Irlandais de Paris, sur la rive gauche.
Ça fait presque trois mois de célibat, je fais beaucoup de sport, on voit presque mes abdominaux, je suis presque bronzé et je sens bon le sable chaud et la noix de coco (mon gel douche). Non, en vérité, je suis aussi serein qu’un cheval de bois. Les jupes courtes et les jambes longues dans la rue ne me font aucun effet.
Je fais couler le champagne pour quelques unes de mes collègues de comptoir, encore inconnues. Deux américaines qui visitent Paris en couple, très engageantes. Je flaire le bon coup, comme un vieux renard des surfaces, et je copine avec elles, ayant déjà repéré Ashley Madison* sirotant son Bombay Sapphire™ derrière le très affable et sympathique (en bonne santé) couple de blondes de l’Iowa. Dans mon cerveau de beauf reptilien, je pose une équation à deux inconnues
Comptoir + football + deux américaines = champagne.
Plus tard, enfin seuls, quartier latin.
- Oh, your eyes… I wanna touch you all night long.
On sait qu’il n’y aura pas plus. On sait qu’il faut déjà se préparer à partir.
(…)
- Oh it’s just…
You know…
- What ?
- Well, we are going to fuck, aren’t we ?
(owned)
Les filles du Nord de l’Angleterre. Leeds. Je ne veux pas généraliser. Mais disons qu’elles ont une certaine réputation. On est loin du charme discret ou en tout cas dans la finesse de nos limeuses nationales. Le genre à roter en allant prendre une douche salutaire dans la plus simple tenue au milieu du salon au bout de quelques heures d’intimité. Mais romançons un peu : après dix ans de maternité et de services sociaux, chez nos voisins sacs à bière et mauvais amants la belle infirmière entama un tour du monde en commençant par Paris et nos compatriotes avinés et mauvais amants. Sa chambre de bonne est un trois pièces dont le double séjour pourrait engloutir deux fois mon studio. Il y a des avantages à être nurse pour un richissime couple habitant à la seule adresse convenable à Paris, les Champs-Elysées.
Un vrai sac à vodka, mon foie pourtant agréé par les AA a du mal à suivre le rythme, et pour la partie qui peut se préparer, il faudrait rester dans les limites autorisées par la loi des corps. Elle se déshabille et s’allonge sur le lit, bien au milieu, et me regarde l’air de dire en avant, j’attends de voir ça. Elle a son regard impassible, je me demande si elle n’a pas trop bu, mais apparemment non, c’est un peu Clint Eastwood, avec des seins. J’arrive à la dérider un peu, vous avez deviné.
Mais je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas été très bon amant cette nuit là. L’alcool, une première fois comme une autre, posez moi un flingue sur la tempe pour que j’arrive à terminer l’entreprise.
L’Italie arrive en finale. Finalement les deux équipes les plus critiquées dominent le mondial. Ce n’est pas un hasard. Je repense au brésil vexé de 2002, et le plus vexé de tous, Ronaldo que l’on donnait pour sportivement mort, marque deux buts en finale contre l’Allemagne quatre ans plus tard et finit meilleur buteur du tournoi. La France pour laquelle personne n’aurait parié un rouble en 1998. En 2006, le football italien discrédité par les affaires, et les vieux grognards français dont on se demandait s’ils pourraient vraiment courir 90 minutes : Match nul 1-1.
Pour paraphraser Nicolas Rey, un résultat sportif est une invention stable qui ne varie pas au fil du temps, un résultat sportif est immuable, on ne le recommence pas, on ne l’efface pas. On ne refait pas le match. Le grand match de la vie. Et avec le temps, nous nous rappelons seulement les bons moments.
13:07 Publié dans Réalité fictionnelle | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hemingway, anglaises, football, france, espagne, coupe du monde 2006, champagne
29.05.2008
LA PAGE 33
La page 33. Et quelques autres. Pour écrire un truc, faut avoir un bon dico sous la main (gauche). 20.000 mots mon gars.
J'en profite à tout hasard pour dire que je ne suis plus du tout satisfait de mon portable SAMSUNG acheté en 2005 et plus sous garantie. L'écran LCD est mort (couleurs inverses : écran pratiquement blanc. Alors si toi tu me lis, documentaliste en tailleur chargée de la veille samsung sur internet, je te vois, t'es mignonne. Si tu peux m'envoyer un nouveau portable qui prendra de meilleures photos que le mien (1MPX) ce serait vraiment gentil. J'écrirai un article lèche-cul sans concessions et j'en parlerai en bien de samsung pour toute la vie. En plus, même mon écran de pc est un samsung. T'as vu le bon client. J'aime bien les documentalistes futures PR. Alors hésite pas, si t'entends que je suis lourd c'est une légende.

He was a punk, she did balleeet
He wanted her, she'd never tell
All of her friends
He was a sk8ter boy, she said see ya later boy'
...
this is how this story ends, to bad that you couldn't see, see the man that boy could be, there is more than meets the eye, I see the soul that is inside
He's just a boy, and I'm just a girl can I make it anymore obvious?
We are in love haven't you heard? How we rock each others woooOOoorld.
I'm with the sk8ter boy, I said see you later boy I'll be backstage after the show, I'll be at the studio singin' the song he wrote about a girl he used to know
12:35 Publié dans Notes à benner | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : larousse maxi débutants, dictionnaire ce2 cm, samsung sav, lcd, casey dellacqua, culotte
27.05.2008
Flying Blue (toujours envie de vacances moi)
Bien vu. Manque peut être des catégories. J'en vois encore une autre.
(oui Pénélope est sa copine, aussi).
15:53 Publié dans Notes à benner | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
26.05.2008
Ecologie de l'Olivier et autres belles plantes
Je suis lu alors je ne peux plus écrire.
Il faut que je prenne une autre inspiration, apparemment.
ça va vous ?
- Bon quand même.
Un couple d'amis (ça sent la séance diapos mes pauvres) (en fait non) rentrant de Rio de Janeiro au Brésil (soyons clairs) me dit (le couple, les deux en même temps) sur msn qu'ils ont rencontré mon sosie sur un ferry au large de Rio (c'est également un enculé de couple d'amis). A savoir physique, mimiques, gestuelle, regard en coin, demi-sourire, taille pedigree humour (lourd selon certains esprits chagrins) roublardise, etc.
Mon double s'appelle .... Power. J'ai ri d'une force. C'est déjà mon running gag préféré de 2008 (et dans cette situation, QU'AURAIT FAIT MISTER POWER ??) J'ai eu envie de le rencontrer. Il a eu, la même réaction.
Mon double vit à Boston.
Boston, dans le Massachusetts (C'est évident, je voulais dire Boston dans le Massachusetts : private joke Road Trip).
Après l'université il a plaqué son boulot de merde dans une banque et toutes ces putains de paperasses de merde et a vendu sa baraque et son chien et est parti faire le tour du monde en commençant par l'amérique du sud. Bien joué Carlin. Ensuite, il doit aller en Australie voir si le désert brûle et quelque part en Chine et en Asie du sud-est où il fera quelques nouvelles expériences.
Boire du sang de serpent.
Je sais.
Je sais qu'il viendra un jour, dans des mois, dans un an, deux ans, à Paris. At last, we meet, Mister Power.
Pleased to meet you, mister power.
Je rêve de dire ça.
Il me répondra : Yeeeeeah baby.
Ou quelque chose comme ça.
Je lui dirai T'as le mojo. [il était en train d'emballer une brésilienne sur le pont du ferry]
I have a dream. Toujours rêvé d'avoir un frère (jumeau c'est bien), qu'on soit tous les deux une plaie souriante pour le reste du monde, buvant dla duff ou de la bonne bière (Your Brother knows good beer).
J'ai hâte de le rencontrer.
J'ai hâte de passer noël en famille, enfin.
J'ai hâte de profiter de la maison de Dog's Head Harbor, près de Boston, dans le Massachusetts (je sais écrire Massachusetts du premier coup maintenant) (et le prononcer du troisième). ça va être bien.
See ya brotha. Send me an e-mail : chroniques barbares at gmail dot com si tu te googles dans un cyber de Khao San Road l'hiver prochain.
18:54 Publié dans A la petite semaine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : mon sosie s'appelle, mister power, à boston, dans le massachusetts
23.05.2008
Préambule
Suis énervé aujourd’hui.Vous voulez la photo avec des mensurations de mannequin, une bonne grosse chatte en gros plan les jambes écartées et la touche de l’artiste étalée sur le ventre plat ? Vous voulez voir ça ?
L’artiste, photographe ou peintre s’inspire du monde dans lequel il vit et exprime quelque chose Blogosphère, télévision, journaux aguicheurs, radio, films, culture de la prostitution, de la pornographie pour faire vendre (etc, ce n'est pas que ça). Violence envers les femmes, violence envers les hommes, j'y vois beaucoup de choses. Etc.
L’œuvre en elle-même s’appelle L’origine de la connerie humaine.
Le titre complet est De l’origine de la connerie parmi les hommes, ici et ailleurs (2008)
L’œuvre est une œuvre, elle ne méritera aucune justification ni explication a posteriori. L’art, est.
Vais l’exposer au musée de mes couilles chroniques barbares point com. Influence Fight Club parmi d’autres.
Je rajouterai une pub google, ce sera ça le plus immonde et le plus vulgaire (salut capitaine des embruns !). En vous regardant dans les yeux.
Allez décoince Brg, ça ira mieux demain.
T’as mal baisé hier soir ?
T’es aigri ? T’es frustré ? T’as une vie de merde ?
Tu devrais prendre des vacances mon gars.
Quand même envie de commettre un attentat. Avec un sourire de mayonnaise.
16:08 Publié dans Notes in the mood | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : embruns terribles
21.05.2008
40190
J’ai envie, de voir la mer à Narbonne. Ou à Hossegor. On est mardi. Tu travailles demain, oui bien sûr. Tu ne travailles pas. Il est 20h35. Prends quelques affaires, on part cette nuit.
Bienvenue sur le réseau ASF.
Prochaine station :
TOTAL 89 km
SP98 1.594
SP95 1.521
Gazole 1.324
GPL 0.826
2000m
Lavage – restauration – aire de jeux
1200m
J’accélère légèrement à mi-régime et me décale sur la voie du milieu. Les lumières de la station sur la droite, fugitivement (une obsession).
Tic, la jauge descend d’un cran.
Bienvenue sur les autoroutes PRR.
3 heures du matin sur une autoroute du centre de la France. Il fait frais.
La belle dort, la vôtre, cet assemblage divin de chair et d’os, de visc[passage censuré]...g, d’eau pas plus beau que le vôtre.
- Bonsoir.
Merci.
- Merci.
Bonne nuit.
Bonne nuit.
Mmm on est où ?
…
Bienvenue sur le réseau ASF.
Cette merveille. Elle est là, et vous osez à peine respirer dans l’habitacle, la voiture roule sur du billard, une boule de billard sur de la moquette. Le chauffage est sur la position douce numéro 2, orienté sur ses pieds nus, la belle dort, je caresse le volant et jette des coups d’œil tous les 100 mètres pour voir son profil calé dans le siège, et ses yeux fermés, ses beaux yeux.
Je souris en faisant attention à ne pas faire de bruit tous les 100 mètres.
Sur cette autoroute, il n’y a que nous.
Fantasme de vacances.
Autres fantasmes du jour :
#2 Key West, Comté de Monroe, 25.478 habitants
Key West est en floride. Key West est plus proche de La Havane que de Miami. C’est la ville la plus au sud des Etats-Unis. A 160 miles de Miami, par la route. Fin de la route numéro 1. On aura loué une V6 automatique à l’aéroport de Miami. Avec trois porte gobelets, le GPS, la climatisation auto, et un ordinateur de bord envahissant. Première Häagen Dazs Capuccino au premier arrêt.
1. Aller au Kelly’s.
2. Manger du bacon.
3. Se promener sur le port – réfléchir à rien.
4. Sentir les embruns du golfe du Mexique.
Tapez 2 pour Key West.
#3 Athènes, Grèce, Cyclades, mer Egée. Encore.
Traîner à Athènes fin juin, sentir la chaleur accablante au dessus des maisons et des barnums des cafés de la plaka, traîner dans les faubourgs, près des immeubles défoncés, près du pseudo-périph au sud, des échangeurs toujours en travaux, traîner à Omania dans les quartiers nord, traîner au square triste. Prendre le métro un jour pour le Pirée. Une heure presque. Traîner au Pirée dans la foule de bagnoles. Acheter un ticket 3e classe-pont supérieur pour une île choisie au dernier moment. 8€40. Une île sans touristes. Sentir les vibrations de l’énorme diesel.
Sentir l'odeur du diesel et de l’huile écoeurante qui s’échappe de la salle des machines sur le pont supérieur.
Dormir sur un banc, calé contre son sac de voyage.
Se réveiller une heure après et sentir l’air du large. Cigarette affalé sur la rampe.
Tapez 3 pour une île au choix.
16:04 Publié dans Notes in the mood | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : photos contractuelles
Elle avait quoi dans le ventre quand vous avez fait l’autopsie ?
Un sandwich de ses amours.
Et de la vodka.
12:37 Publié dans A la petite semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : http://www.deezer.com/track/117223
20.05.2008
Deux - Zéros
15:41 Publié dans Notes à benner | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14.05.2008
- Quand tu disais ça…
Je ne voulais pas te blesser.
- Oui mais, pfiou. Il t’a écrit. Tes ellipses et ta petite culotte, et ces conneries…
- Guillaume. Tu te fais du mal.
- Je me fais du mal ?
- Il ne fallait pas regarder si tu ne voulais pas voir certaines…
- Putain…
Il s’écarte et souffle. Elle le retient par le bras. Ça fait dix minutes qu’elle tient son bras, sans le lâcher.
Ils sont tous les deux assis sur un trottoir sec, elle regarde autour d’elle, voit les gens qui passent, elle se dit on a l’air un peu couillons, assis sur le trottoir devant chez nous. La voisine va nous voir. Qu’elle aille se faire foutre.
- Il travaille toujours là ?
- Je t’ai dit, il est dans un autre service.
- …
- Je le vois une fois par semaine, à peine. Et encore.
Elle regarde ailleurs, impatiente. Impatiente ?
Il aurait envie de partir. Il a envie. Il a envie de lui faire mal à quoi bon. Il pense que lui aussi, a failli la tromper il y a trois mois. En juin. Il repasse mentalement toutes les soirées où ça ne tenait plus qu’à un fil, leur couple. Ces soirées à jeter. Ce mois à jeter. Retour en arrière.
Failli.
Alors ce soir là, quand elle n’est pas rentrée. Il serre les dents. Un connard qui n’en a rien à foutre. Pourquoi veulent-elles toutes la même chose.
- Guillaume…
Il ne tourne pas la tête, il sait ses yeux. Il ne faut pas qu’il la regarde. Son putain de regard. Il a envie d’elle déjà. Ne pas la regarder. Il joue à faire une marque droite dans la poussière avec l’angle élastique de ses baskets. Ça aussi, il a envie de les jeter.
Il se tourne vers elle, il voit bien qu’elle ne sait plus où elle en est, qu’elle a peur de sa réaction. Ses yeux brillent un peu et font de minuscules aller-retour entre les siens, son visage, ses bras, son torse, discrets. Elle s’humidifie, se mord les lèvres, n’en sait rien. Elle a l’air d’attendre le verdict au bout du compte, au bout de tous ses jeux, elle a l’air d’avoir tout prévu à l’avance.
Lui a la mâchoire douloureuse. Il pourrait l’écraser là, devant la voisine qui regarde par la fenêtre – il l’a vue. Lui casser sa putain de belle petite gueule, quelque chose lui comprime le cerveau et ce serait un acte irréfléchi, sentir ses poings, détruire, autant détruire tout ça, ce qu’on aime par-dessus tout, sans pitié, ne pas y penser, faire ce qu’un corps réclame, le moi prisonnier de la carcasse.
Quand ils font l’amour il y met toute sa rage et elle jouira comme jamais. Sans un mot, cette fois-ci.
14:43 Publié dans Réalité fictionnelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13.05.2008
Barman est un sport de combat (round 1)
Kung-fu contre la porte du frigo, se retourne sert deux verres, une pinte, répond aux clients chiants, j’estime 4 cocktails casse-couilles (mojito, caïpirinha…) en 80 secondes.Rendement de 120% pendant une heure. Jamais vu ça. Un des collègues en salle (tee-shirt Bosser Tue) passe à côté de lui et lui dit « Depêche toi, connard ».
« Tu traînes là » sans sourire. ça pourrait être moi.
Je demande au barman :
Tu te drogues ?
Les rhum sont sur le bar !
Les 4 bouteilles de vin ! (putain, j’ai voulu voir la table) pour la 40. Non, la 30. L’air hagard. J’avais dit que j’étais fatigué et puis personne finalement pour me forcer à rester chez moi alors je roule au super et ça me rappelle encore les guns et nightrain (chargé comme un train de marchandises, quelle meilleure image ?).
Qu’est ce que tu me sers ?
Un cocktail de bière, rouge comme l’envie.
Le temps de finir mon litron de Leffe.
Et ce rhum.
Glacé, vert et blanc comme la jalousie.
Bleu, l’orgueil, qu’est ce que je peux rajouter ? Viens plus près. Regarde moi dans les yeux. On peut décliner ça à l’infini comme dans la chanson d’Hendrix.
Apprendre de nouveaux gestes : Ecraser des glaçons dans une main avec un pilon, pour en faire de la glace… pilée.
En ce moment : Casser un œuf d’une main dans une poêle, sans perdre de morceaux de coquille au milieu du blanc (J’étais fier, avant-hier). Ça pourra servir pour la paillote en Polynésie. Ça et décapsuler une bière d’une main.
Nous y voilà pensa-t-elle. Encore une de ces diatribes alcoolisées pseudo-trentenaires et elliptiques qui ne mènent nulle part sauf à tourner en rond.
Tu connais cet air pourtant, je l’ai déjà joué ici. En gros caractères, LOVE. Bien sûr, dans la réalité, ce n’est pas aussi abrupt. Il y a ces riffs de guitare. Il y a cet alcool et je n’ai pas besoin de te demander de te rapprocher. Tu le fais.
Le comptoir est en arc-de-cercle :
Il y a cet homme, qui tranche avec le reste de la salle. Il porte une veste en cuir un peu trop épaisse pour les 26 degrés moites. Il a un regard assez dur. Il me regarde – son ami a le dos tourné d’où je suis, un frêle à lunettes en polo bleu ciel. Je tiens ma pinte de la main gauche et nous nous regardons un instant (moi dans dix, quinze ans). Je ne sais pas si c’est moi qu’il regarde ou quelque chose dans ma direction, ce genre de regard.
Je crois qu’une relation… Un couple c’est un diamant brut qu’il faut tailler. Je crois entendre ça. Il dit ça à son ami.
[Avant de le tailler, on examine la gemme pour déterminer ses plans de clivage. On trace ensuite sur elle une ligne qui marque le périmètre de ces plans. Sur celui-ci, on fait une petite cannelure avec un bois qui porte dans son extrémité un diamant. Par cette ouverture, on introduit une fine lame d'acier, on donne un coup sec et la pierre se divise en deux.]
Le diamantaire, l’artisan qui travaille la pierre brute – toujours d’une très grande valeur, parfois d’une valeur inestimable – a dans son geste son enfer et son paradis. Tout va se jouer dans son atelier en quelques millisecondes. Son geste doit être sûr, précis, sec. Il suspend l’outil : D’un seul coup, il peut parfaire la taille, ce qui lui vaudra honneurs, reconnaissance. Fortune. A l’inverse il peut tout perdre l’espace de ces quelques millisecondes. Chaque geste est irréversible.
Aujourd’hui on s’en remet à la taille au laser assistée par ordinateur.
L'impression que tout le monde boit de plus en plus autour de moi. Des gens raisonnables. En couple ou célibataires chroniques.
Attends je te fais des boulettes de poisson sauce Jack Daniel's. Je viens d'inventer ça en te parlant et la bouteille accroche mon regard. Hein il est 12h24 ?
Faisons les comptes :
Les alcooliques sont dans la pente descendante ou ascendante c’est selon.
Les raisonnables augmentent leur consommation.
Ceux qui ne boivent pas boivent. Ceux qui disent ne pas boire boivent comme les anciens raisonnables.
Les sportifs (comprendre plus de dix heures de sport depuis des années) fument du shit. Même mon ami d’enfance. Presque 30 ans sans approcher une marre-lboro. Boivent de plus en plus. Père alcoolique : Celui qui me disait bonjour deux fois en cinq minutes quand j’étais chez lui. Parfois, trois fois de suite. Dans les vapes.
Même lui, s’inquiète de moins en moins de sa consommation. Un exemple de volonté qui a grandi avec l’exemple sous les yeux.
Il faut tout ça pour supporter notre style de vie dans les années 00, et comment ce sera dans les années 20.
Dans les années 20, la prohibition. Ou accepter que tout le monde se drogue (l’alcool n’est pas la moins dure des drogues, c’est une drogue acceptée par notre société : On la consomme en société la plupart du temps, et si on la consomme seul après, c’est qu’on a appris en groupe/en famille à la consommer – la plupart du temps, à ne pas en abuser).
Ça ferait la même chose si on était indiens à manger des feuilles de coca. Il n’y aurait pas plus ou moins de violences, d’accidents etc. Nous, c’est le vin et le scotch et la beu.
T'as pas l'impression d'être à la croisée des chemins toi ? Enfer ou paradis. Engagement-vie ou vie-n'importe. Ou les deux va savoir.
Fait chier la vie en fait. Moi aussi je picole trop dès que j'ai l'occasion. Tout le monde. Ca me fait la même impression.
Paris est une usine. Des pièces de Lego cokés qui s'emboîtent dans des petites princesses. Qui s'écrouleraient en pleurs à la première baffe. Les Lego plus que les princesses. J'en veux une artisanale en tee-shirt Suicide Girls. Ou qui le porte au fond de ses yeux.
(Les hommes naissent libres et lego, cadeau).
Deux lignes de conversation et la gestuelle et vous avez cerné le rapport de force d’un couple. Peut être aussi l’âge du couple. Peut être son espérance aussi. Comprendre, sa durée de vie. C’est ce qu’on se dit, au bar.
Avec moi, ou contre moi ; La suite je ne sais pas quand. Apprendre à jouer de l'harmonica.
Bonne nuit les petits. Bonne nuit Jen. Bonne nuit le magnifique. Bonne nuit blueberry eve, bonne nuit la superbe, bonne nuit dorée, bonne nuit ma S. Bonne nuit la miss, bonne nuit petite sœur, bonne nuit gélatine, bonne nuit les petits.
19:56 Publié dans A la petite semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
























