12.06.2008
Convention, Blues, Notre-Dame
J’y pense dans ce pub à l’étranger. Ne sert à rien de le dire, tout le monde sait ça. Je vais manquer de tact, envie de Célébrer la Word Culture.Assis au milieu de l’assemblée de la jeunesse – irlandaise, américaine, anglaise, allemande, israëlienne. A ce chœur qui se forme spontanément pour la célébrer – quand ce titre est joué par le groupe résident, ou celui de passage. C’est l’hymne absolu de la jeunesse occidentale. Sans les violons, les percussions résonnent. Toujours, les yeux du chanteur brillent au bout de quelques mesures (l’hymne possède).
Dans ce pub étranger-familier universel, notre pays nous manque. Il est quelque part, on le devine, on le transporte avec nous, mais l’illusion demeure : Un point fixe, au loin, qu’on ne peut pas atteindre dans l’instant.
Que notre pays est ailleurs. Que notre pays est là. L’essence de la civilisation (diminue).
Cet hiver, je suis dans un pub étranger en France. Je ressens la même chose.
Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.
Elle me dit ça d’un air rêveur et en lui souriant, et je me demande pendant un moment si elle n’aime pas aussi les femmes. Mais elle est photographe, elle s’appelle Manon.
Elle me répond : « Manon » d’un air aussi rêveur. Elle est belle comme un tableau de Toulouse-Lautrec avec ses bas neufs qu’elle réajuste toutes les cinq minutes en soulevant sa jupe et en me disant « Excusez-moi ce n’est pas très sexy » et ses yeux d’en bas.
Est-ce qu’elles savent à quel point ça l’est, les-choses-pas-très-sexy ?
Elle me regarde depuis que je suis entré, elle me parle depuis cinq minutes. A peine une cigarette sortie de mon paquet qu’elle vient vers moi, me la prend des mains, sans me dire merci, attendant d’utilisez un briquet (le mien, sans me regarder).
L’impolitesse paye toujours. Elle ne s’arrête pas de faussement danser entre nous deux.
Elle est Bretonne, de belle-île-en-mer.
Nous on est au shots, maintenant.
Reprend un verre.
Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.
Oh tu sais, moi j’habite le 11e, à la Folie Méricourt. Lui se démerde, il est à Saint-Germain. Elle me sourit de plus belle.
On en est presque au one-shot, lui est du genre bad lieutenant, je travaille sur le quai d’en face. Il avait le regard de celui qui fait une roue pour un verre, on se comprenait bien.
Sécurité publique ? Jeux ? Il sourit.
Mœurs ?
Il habite à saint germain, on s’en fout.
Reprends un verre.
C’est halloween et elle me dit :
« Vous faites l’homme sombre ce soir ? »
Je suis sur une chaise dans le coin et je vois toute la salle et je la vois elle danser, et faire semblant de ne pas me regarder depuis un bon quart d’heure. Je vois son mec aussi, à ses côtés, en conversation éthylique avec un ami, un type bedonnant au crâne rasé qui a l’air doux comme une matraque enrobée de sucreries. On dit son compagnon.
La vie est tellement insupportable qu’il est bien d’avoir un compagnon. Ce mot parle, ça t’accompagne.
Plus tard, tu accompagneras ton fils à la rentrée des classes. C’est bien d’avoir un compagnon dans les épreuves difficiles.
Pas plus tard que ça, tu accompagneras ta compagne à la clinique.
On en est là (je suis essouflé) : Elle me dit ça juste après m’avoir pris une cigarette des mains. Je fume trop en ce moment. Elle me prend la cigarette des mains, l’examinant comme si la Lucky Strike allait lui révéler subitement ma nature profonde, mes pensées. C’est là qu’elle me regarde et qu’elle me dit ça. L’homme mort. L’homme sombre. Et ça, me fait sourire.
Etre tricard dans sa ville. On m’a expliqué ça dans un parc pendant l’été 98 (un ancien pensionnaire de Fleury la-belle-impossible). Etre interdit de séjour dans une ville, par décision de justice. Etre interdit de séjour chez soi. Etre interdit de séjour dans sa ville. Etre tricard dans sa vie. Dans la vie désirée de l’être.
Notre-Dame.
L’amour c’est du sperme, de la pisse, de la sueur, tout ça mélangé et un sourire, c’est aussi ça, maaarylou.
Elle a les yeux évasifs et patients de celles qui ont beaucoup roulé. Elle ne compte pas, moi non plus.
Elle est Bretonne, de belle-île-en-mer.
Nous on est au shots, maintenant.
Reprend un verre.
Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.
Oh tu sais, moi j’habite le 11e, à la Folie Méricourt. Lui se démerde, il est à Saint-Germain. Elle me sourit de plus belle.
On en est presque au one-shot, lui est du genre bad lieutenant, je travaille sur le quai d’en face. Il avait le regard de celui qui fait une roue pour un verre, on se comprenait bien.
Sécurité publique ? Jeux ? Il sourit.
Mœurs ?
Il habite à saint germain, on s’en fout.
Reprends un verre.
C’est halloween et elle me dit :
« Vous faites l’homme sombre ce soir ? »
Je suis sur une chaise dans le coin et je vois toute la salle et je la vois elle danser, et faire semblant de ne pas me regarder depuis un bon quart d’heure. Je vois son mec aussi, à ses côtés, en conversation éthylique avec un ami, un type bedonnant au crâne rasé qui a l’air doux comme une matraque enrobée de sucreries. On dit son compagnon.
La vie est tellement insupportable qu’il est bien d’avoir un compagnon. Ce mot parle, ça t’accompagne.
Plus tard, tu accompagneras ton fils à la rentrée des classes. C’est bien d’avoir un compagnon dans les épreuves difficiles.
Pas plus tard que ça, tu accompagneras ta compagne à la clinique.
On en est là (je suis essouflé) : Elle me dit ça juste après m’avoir pris une cigarette des mains. Je fume trop en ce moment. Elle me prend la cigarette des mains, l’examinant comme si la Lucky Strike allait lui révéler subitement ma nature profonde, mes pensées. C’est là qu’elle me regarde et qu’elle me dit ça. L’homme mort. L’homme sombre. Et ça, me fait sourire.
Etre tricard dans sa ville. On m’a expliqué ça dans un parc pendant l’été 98 (un ancien pensionnaire de Fleury la-belle-impossible). Etre interdit de séjour dans une ville, par décision de justice. Etre interdit de séjour chez soi. Etre interdit de séjour dans sa ville. Etre tricard dans sa vie. Dans la vie désirée de l’être.
Notre-Dame.
L’amour c’est du sperme, de la pisse, de la sueur, tout ça mélangé et un sourire, c’est aussi ça, maaarylou.
Elle a les yeux évasifs et patients de celles qui ont beaucoup roulé. Elle ne compte pas, moi non plus.
Il y a trop de mois déjà (une autre, bien plus importante) :
Elle a évoqué les choses qui abîment, ma princesse, l’automne dernier. Les choses qui abîment qu’elle n’a pas eu le temps de me dire. Love, Love, Love, tu te souviens. Qu’elle ne voulait pas me dire. Les choses qui abîment un peu plus : j’ai pensé à elle, ce soir là. Eu envie de lui crier peu importe, ne me le dit jamais, je le sais. Eu envie de l’embrasser, mais comme tous les soirs, elle n’était pas là.
Et alors moi je me trimballe ton petit fantôme, et je peux sourire et rire et aimer. Tu m’as redonné vie. Tu vois bien qu’il ne faut pas dire les choses, c’est ridicule. On sait juste qu’elles sont là. Avant c’était moi sans les couleurs RVB. Moi en PAL et certains l’ont vu. K-O. Tu sais tout ça. Voilà tout ce que tu es : Une fille qui m’a offert le plus beau sourire alors que je n’étais qu’un boxeur à terre, la gueule un peu tordue. Le plus beau des sourires, gratuitement. Il s’agit bien de noblesse, princesse.
Et moi : Je, bien plus que moi. Je te rends la monnaie, gratuitement, j'essaye.
Et merde ;)
:
(N.O.)
13:50 Publié dans Réalité fictionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : convention, blues, notre-dame

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