30.06.2008

Saison des fruits oranges

La télé encastrée diffusait MTV à plein volume, et nous subissions très souvent Mariah Carey chantant Sweet fantasy ou Take a look at me now.

illustration : vieille banquette en skaï fatiguée (2007)
[banquette marron-orange au rembourrage jaune en mousse]
Faut l'imaginer, je n'ai plus de place sur le compte.

On m'a dit qu'il fallait des notes de bas de page, alors pêle-mêle :

Sweet fantasy : Extrait de Fantasy, Mariah Carey, 1995
Take a look at me now : Extrait de Against all odds, Mariah Carey, 2000
I'll just pretend she's here with me / I'll close my eyes, her face
I'll see / I know it's make believe, but it's the only hope for me : Extrait de Let the music play, Barry White, 1976

Barry White : 1944-2003
Ray Charles : 1930-2004
Ibrahim Ferrer : 1927-2005
Jimmy Smith : 1925-2005
Otis Redding : 1941-1967
James Dean : 1931-1955

*Talbot : Talbot fut un constructeur automobile franco-britannique. Peugeot racheta la marque avec Chrysler Europe en 1978.
*Florence Blot incarnera aussi la marque Paic Citron à la télévision pendant de nombreuses années. Souvenez-vous : "Paic est si efficace, qu'aussitôt la vaisselle étincelle".
*Le Pari mutuel urbain (ou PMU) est une entreprise française dont les activités sont la conception, la promotion, la commercialisation et le traitement des paris sur les courses de chevaux.
*Le revenu minimum d'insertion (RMI) est une allocation française gérée par les conseils généraux et versée par les caisses d'allocations familiales (CAF) ou la mutualité sociale agricole (MSA), aux personnes en âge de travailler, sans ressources ou ayant des ressources inférieures à un plafond fixé par décret.
*Marlboro est une marque de cigarettes d'Altria (anciennement Philip Morris International).
Le nom de la marque Marlboro provient de l'adresse (rue Marlborough) d'une ancienne manufacture de Londres.
Lorsque la marque Marlboro voit le jour en 1926, elle cible un public féminin. L'une des extrémités de la cigarette est rouge, ce qui rend les traces de rouge à lèvres invisibles, et chaque publicité est accompagnée d'un conseil beauté.
*Ally McBeal est une série télévisée américaine en 111 épisodes de 44 minutes, créée par David E. Kelley et diffusée entre le 8 septembre 1997 et le 20 mai 2002 sur le réseau Fox.
*Respublica : ancien réseau irc francophone #Respublica #Liberty #Campus #etc
*AOL : En 1998, Vivendi entre dans le capital d'America Online Europe à hauteur de 55 % via les groupes SFR-Cegetel et Canal + et la société devient la star du bas débit illimité pour 99 francs français (environ 15 euros). Cette offre a augmenté le nombre d'abonnés de façon significative, ce qui a provoqué des ralentissements et des problèmes de connexions dus au trop grand nombre d'utilisateurs sur les points d'accès. AOL a d'autant plus terni son image après l'augmentation du prix de l'offre, passant de 15 € à 25 €.
*Levi's 501 est un célèbre modèle de jeans, déposé en 1873 par la société américaine Levi Strauss & Co. Ce modèle de pantalon en jeans provient du numéro de référence qui figurait sur les lots de tissu dont il était fait. Il a pour autre caractéristique de présenter les premiers rivets en cuivre inventés par le couturier Jacob Davis.

Bien qu'en ce moment :
Camel (chameau en anglais) est une marque de cigarettes créée par la RJ Reynolds Tobacco Company (RJR) en 1913 à l'initiative de Romain Caramalli et qui appartient aujourd'hui à l'entreprise Japan Tobacco.
Malgré le nom, le logo de la marque représente un dromadaire. Le logo a inspiré la communication publicitaire effectuée dès 1987 jusqu'en 1997 par la firme sous la forme d'une mascotte nommée Joe Camel (ou Old Joe)


Let the music play. Merci Barry.

26.06.2008

L’eau des pâtes (un printemps indien)

Reine.jpgElle a encore mal égoutté l’eau des pâtes. Encore. Est-ce que je lui dis. Quand même, c’est elle qui a fait la bouffe. C’est pas compliqué. Attendre quelques secondes de plus. Mais c’est elle qui a insisté pour faire la cuisine ce soir. Et elle nous fait des pâtes, comme si on se rendait, comme si on renonçait à tout. J’aime ça mais ce n’est pas une raison pour sortir le drapeau blanc. On aurait pu sortir, à la limite. On est déjà sortis hier soir. Je lui dis quand même.
-    Je sais.
Et ? c’est tout. Elle ne dit rien et regarde son assiette. Elle a l’air de manger, mais ne mange pas vraiment. Tant pis je mange. Je vais aller vider un peu l’eau de mon assiette et prendre le ketchup. Ça y est. Elle n’a toujours pas bougé.
-    ça va ?
-    mmm
-    …
-    Oui ça va.
Sourire triste et fugitif, regard assiette. Fourchette vide. J’ai faim. Fourchette pleine. Fromage en prévision. Pas grave, elle va aller se coucher, dormir un peu, je vais aller la retrouver plus tard, j’aurai regardé un peu le match, elle aura dormi un peu, elle s’étirera tout du long, le long de mon corps. Mes pensées bégayent, je ressasse, je mastique en silence.
-    Je vais te quitter, Guillaume.
La seule chose que j’entends c’est le tintement de la fourchette vide dans l’assiette pleine et la lumière me paraît beaucoup plus glauque. Toute la cuisine me paraît glauque, tout me paraît faux, ces pâtes ne sont pas cuites, elles sont déjà froides, je n’ai plus faim. C’est tout l’appartement que j’ai envie de quitter.

Et ce sel bon marché sur la table me paraît être une insulte. Mon poing se serre mais les couverts ne sont plus en fer blanc. J’avale la dernière gorgée, ça coince.
-    Guillaume…
Elle fait un geste, son corps entier fait un geste vers ma main et moi mais tout le monde se ravise. J’ai envie de pleurer et mon estomac ne réclame plus rien. Je n’ai pas encore envie de boire. Après tout, ce sont juste quelques paroles.
-    Qu’est ce que tu veux dire ?
Et puis plus calmement, sereinement, sous l’implacable poids de la résolution prise il y a des mois, elle me dit :
-    Je te quitte, Guillaume.
Elle détache bien chaque syllabe et c’est aussi insultant que tous ces objets de la vie quotidienne étalés là, à la vue du premier quidam. Je voudrais ne rien dire et continuer à manger mais je ne peux pas. Je peux me contrôler, mais je sais bien que tôt ou tard, je vais lui poser toutes les questions habituelles. L’indifférence ne se joue pas. Elle ne se donne pas en spectacle. Que faire d’autre à part la décevoir encore plus, que faire d’autre à part creuser sa tombe, se débattre. Ne rien faire, ne rien dire et aller se saouler, la belle histoire. Elle me regarde et je lis dans ses yeux, ses beaux yeux bleus qu’elle sait très bien à quoi je pense. J’étais sur un Boulevard, et j’avais le mauvais rôle ; Je ne vois que des impasses.

Elle connaît ma main, toutes les cartes. Et le croupier n’est pas là, dans cette cuisine il n’y a que nous deux, moi assis comme un con et elle en train de creuser ma tombe avec les yeux.

Elle n’a jamais su cuisiner les pâtes.

23.06.2008

Talk, Talk

Je remets cette vidéo postée il y a longtemps - j'avais 26 ans à l'époque, j'affectionne toujours.


Rappel : prêter un livre = 10 ans de prison. Lire le journal par dessus l'épaule d'un inconnu dans le métro = 5 ans (juste les titres = 3 ans). Emprunter des expressions de ce blog = fessée (aménagement de la peine possible, sursis/ménage/sourire).

21.06.2008

California Roll

Riz froid gluant, menthe fraîche (variante), avocat ou crabe.
 
L'art du nyotaimori
Au Japon, il arrive que des hommes d'affaires, le temps d'un repas, se retrouvent... autour d'une femme nue. Et vierge. Un corps-table décoré de sushis - a base de poissons crus et d'algues...
 
10377977.jpgVierge c'est pour le folklore. Et parce que les japonais se doivent d'être plus étranges que nous.

Sans rire, je comptais écrire une nouvelle sur le thème et l'envoyer à une revue dont l'appel à texte était sexe à table ou c'est ma traduction, je ne sais plus.
La bouffe et le sexe sont inextricablement liés. Les deux produisent des endorphines. Les endorphines sont la source du sentiment amoureux.
(Fishisme).
C'est mon sujet favori depuis quinze ans. J'y pense depuis mon premier repas d'été.

Manger et faire l'amour sont liés. L'empire des sens, 1992, sur arte. Mon amour du cinéma (et d'arte) commence là. Pas de snobisme à regarder arte plus que tf1 : Beaucoup plus de cul, de musique.
Arte a été le mtv-bbc-Lacinq des années 90. Je ne trouve pas Lagaff très bandant, en face. Ni ces crevures de Tex et de Reichmann. C'est mon choix j'en causerai plus tard.

Vous vous rappelez de Désir sur la cinq à 20h30 ?
A 20h30 en 1990 je regardais Désir et les parents et les oncles et tantes mangeaient en bas, j'étais en haut devant la télé, en pyjama, pour apprendre (ce que c'était, la télé).

Manger et baiser : pareil. Pas pareil, mais sur la même ligne de plaisirs (parfois) orgasmiques. Ou manger en faisant l'amour, ou faire l'amour dans la cuisine, et tous les termes (pêche, abricot, jus de fruit etc) spécialisés. Ce n'est pas un hasard.
Sauter, passer, dévorer, huile [pour le corps, à manger], les parfums, odeurs, épices, sucré, salé... C'est évident. (mais pas pour tout le monde ?)

Sans sexe, pas de couple durable comme le développement (des ébats). Sous entendu sexe qui en vaille la peine. Ou couple qui marche autrement (transferts, prêts, comme les joueurs de foot).
Ah, un jour on m'a recruté, gros transfert, faudra que je vous raconte. Jouer dans un bon club fait monter la cote.
 
Je propose à un ami amateur de venir manger des sushis frais sur le corps de la louve. Koba ? je lui dis, à une table ailleurs, rue de l'espérance, pour lui dire ce qu'on pourrait faire, le week-end prochain.
(du nom du meilleur japonais-coréen de paris, Chez Koba : expérience culinaire, auditive, visuelle) (prenez le menu tout compris à 28€) (ou 25 ou 30 c'est variable).
 
J'aime la cuisine.

Problème, faire le marché avec les petits vieux, trouver des algues gluantes et acheter du riz au traiteur exotique rue lecourbe, suivre la piste de tous les bobos du quartier tout en pensant noooon je ne suis pas comme eux, ces gens.
Quand je marche devant le poissonnier, j'ai toujours peur que mes puma gardent l'odeur de l'eau poisseuse des glaçons (vraiment des trucs effrayants comme ces araignées de mer vivantes, qui ressemblent à des crabes de 40 kilos plus du poil aux pattes)
(seule une ancienne cuisinière de 80 piges élevée à la campagne pendant la guerre peut acheter, ramener et préparer un truc comme ça... faudrait se battre avec cette saloperie)
(et avoir des couteaux Shogun).

IL EST FRAIS MON THON ROUGE.

TOUT A DIX BALLES !

Qu'est ce que je lui sers au jeune homme ? (dit l'homme aux bottes bretonnes sur le trottoir)

(harley davidson répond)
Des sushis et des sashimis, c'est pour une soirée playstation. J'imaginais déjà les morceaux de poisson frais sur le pont supérieur (façon love boat, les menus bateaux dans les autres japonais)
Je passe chez le fleuriste juste après (pétales de rose et herbe à chat)
Alcool de prune et kirin chez le traiteur.
C'était juste une question de temps et d'argent.

L'intérêt est surtout (mais pas que) pour celui qui arrive et met les pieds sous la table (un lit).
Moi, je fais la bouffe, j'adore ça.

Et puis elle va voir Sex & The City (ce qui est à mon avis une erreur, mais l'éternel féminin dure), elle me dit j'ai une mauvaise nouvelle, il y a une scène de sushis dans le film.

Je le prends comme une bonne nouvelle, je flaire (j'adore flairer) l'air du temps (enfin, je me berce d'illusions pendant cinq minutes, je me gargarise, je vois mon verre à moitié plein, d'ailleurs, il est plein).
Je suis cerveau gauche tendance, cerveau droit anticipation, trendy, moyen, beauf, si peu original que les fantasmes anciens remontent à la surface de ma pensée au moment où ça devient mainstream, via des messages subliminaux de conversations, d'affiches de métro, de trémolos dans la voix de Nonce Paolini le matin sur france inter, de kikoo et de smileys échangés sur des blogs.
(Dire que ce sont des échanges avortés, la plupart du temps).

Il est interdit de vanner dans les blogs publics.
 
Il est interdit de troller. Le troll est toujours perçu comme néfaste, mais le troll est l'essence même d'un lieu public. Sans trolls, pas d'animation, pas de vie, pas de discussions finalement.
Courbettes japonaises Ôsu ! Et puis rien d'autre.
Essuyez vous les pieds sur le paillasson (c'était la légende par le professeur Choron, ce vieux dégueulasse, d'une photo de pubis joliment taillée en forme de maison-paillasson).
Il faudrait prendre encore une longueur d'avance. Parler d'une autre spécialité insulaire, les culottes déjà portées par des étudiantes (des semaines, parfois) et vendues à prix d'or en VPC.
Je sens que ça va bientôt débarquer chez nous : Mode 2010/2011.
 
Ça aurait pu s'appeler California Roll.
Ça aurait pu commencer comme ça (environ) :

[Ils rencontrent l’Australienne peut être aux pont des arts. Devant le musée d’Orsay]
Ils voulaient l’initier aux délices de la french way of life - et de la french touch : Les arts de la table, les arts de la bonne chère.
En plus moderne, en moins cuisine-télévisée-armagnac du dimanche matin.

Deux kirins éclatées dans le congélateur retrouvées le lendemain.
Le relâchement de l’attention dû au souffle blanc déshydratant et glacé de la Veuve Clicquot, achetée chez Nicolas. A la belle Aussie, étalée là, sans son sac à dos Quechua et ses chaussures de marche.
Des petites rougeurs sur les épaules, on l’a ramassée la veille, son sac à dos… aussi grand qu’elle. Les marques des attaches sur ses épaules, l’endroit où les lanières avaient travaillé la peau à vif sous le léger tee-shirt blanc cent pour cent coton humide « Second Class to Heaven ».
Elle coopère. Propre, nue, recouverte d’algues et de poissons, elle n’a jamais été aussi belle.

Le Planet Sushi rue de la Croix Nivert ne servait pas ça.

(And then…)

(Quand tout à coup)

(Soudainement)

(blablabla)


Bref, ça avait la (grande) gueule d'une friction française, et j'espèrais l'excitation d'un premier shot.
 
Verre à motié vide.

Je fais choux blanc. Qu'est ce qu'on mange, ce soir ?

Passe à la maison, Aniki.

X

 
Je pense à un float coke : coca, et glace vanille.
Je pense à un float coke, jack. Je viens d'inventer un dessert. (et non, d'autres abrutis y ont pensé, évidemment). L'air du temps est une boule vanille qui flotte dans du whiskey.

19.06.2008

La paix du monde sauvage

Hier matin, je me suis coupé la couille (gauche) avec une paire de ciseaux (de coiffeur). J'étais mal réveillé, vision défaillante et maladroit. ça saigne un peu et je regarde le tableau et je ne m'évanouis pas, ce qui confirme que je ne suis pas sensible à la vue de mon sang, même dans un endroit délicat. Je n'ai pas paniqué, je n'ai pas composé le 112 avec mon portable. J'ai pris une photo (réflexe générationnel). J'ai dû mettre un pansement (les petits pansements ronds de la boite assortie) pour ne pas salir (avec du sang) un de mes caleçons, quand même (mes compétences en lavage en machine s'arrêtent avant) (avant le tri par couleur, déjà).

Et puis j'ai pensé qu'elle allait me demander si j'essaye d'arrêter de fumer, que c'était un endroit original et sûrement très efficace pour mettre un patch.  Enfin, c'est ce que j'aurais demandé à sa place, stupido. Mais hier soir je ne l'ai pas vue, ni une autre. Enfin, pas de ce point de vue là.

Si j'en avais vraiment (si j'étais un vrai VIB, poke ! (respect) je ne linke pas directement vers les notes "spaghettis" ou autre), je posterais la photo mais ça choque le sens esthétique commun (le mien aussi).

Pourquoi arrêter de bloguer, vraiment ?

edit : je vais appeler cette oeuvre floue "Pièce à conviction" (de quoi, je vous laisse penser...)


colvert2.jpg

 c'est vraiment horrible vu comme ça ahaha

vous notez qu'elle a froid.

 

(penser à reprendre une carte de bilbiothèque pour trouver d'autres sujets)

Patti Smith, moins sage, était rangée à côté de Patsy Cline :


X

17.06.2008

Après court

anna kournikova.jpg
 
En 1994 elle ressemblait à Anna Kournikova, blonde, appétissante, et sûrement pas innocente. Les imbéciles apprécient « l’innocence ». J’ai oublié son nom. Anna. Elle avait un père alcoolique et une mère démissionnaire et n’était pas bien à la maison. Elle était mieux chez les autres. Elle était mieux chez lui, cet été là.
Elle jouait au tennis, elle aussi. Un jour elle enlève sa jupette blanche et se met dans la zone de service, à l’endroit où on fait un smash d’habitude. Sa fente rose. Tout est rose, ses fesses, sa fine fente un peu rouge et rose, je crache dessus. Il, pardon. Dans le coin gauche, un fantasme, maillot blanc, reste rose.
Alors il la prend, comme ça, sur un court de tennis, couvert, vide, le soir après les cours. Le court est empli de ses gémissements-halètements et il jouit là, en elle, au milieu du désert bleu pâle, le terrain synthétique. Elle n’aura pas les genoux oranges de terre battue.
Un jour, un jour il me dit ça en m’offrant une desperados 33cl dans sa descente de garage. Ce n’était pas des racontars. On était jeunes. Je suppose que l’image du premier fantasme vivant restera associée à une odeur de coton synthétique, pour lui. Il n’en faisait pas trop, pour me le dire. Je l’ai croisée quelques semaines avant. Elle devait partir, reste rose, veste à venir, sur le bord du terrain : Il n’y aura pas de second service. On savoure la bière. Les choses les plus vraies se disent à demi-mots.

12.06.2008

Convention, Blues, Notre-Dame

RER 1.jpgJ’y pense dans ce pub à l’étranger. Ne sert à rien de le dire, tout le monde sait ça. Je vais manquer de tact, envie de Célébrer la Word Culture.
Assis au milieu de l’assemblée de la jeunesse – irlandaise, américaine, anglaise, allemande, israëlienne. A ce chœur qui se forme spontanément pour la célébrer – quand ce titre est joué par le groupe résident, ou celui de passage. C’est l’hymne absolu de la jeunesse occidentale. Sans les violons, les percussions résonnent. Toujours, les yeux du chanteur brillent au bout de quelques mesures (l’hymne possède).

Dans ce pub étranger-familier universel, notre pays nous manque. Il est quelque part, on le devine, on le transporte avec nous, mais l’illusion demeure : Un point fixe, au loin, qu’on ne peut pas atteindre dans l’instant.
Que notre pays est ailleurs. Que notre pays est là. L’essence de la civilisation (diminue).


Cet hiver, je suis dans un pub étranger en France. Je ressens la même chose.

Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.
Elle me dit ça d’un air rêveur et en lui souriant, et je me demande pendant un moment si elle n’aime pas aussi les femmes. Mais elle est photographe, elle s’appelle Manon.
Elle me répond : « Manon » d’un air aussi rêveur. Elle est belle comme un tableau de Toulouse-Lautrec avec ses bas neufs qu’elle réajuste toutes les cinq minutes en soulevant sa jupe et en me disant « Excusez-moi ce n’est pas très sexy » et ses yeux d’en bas.

Est-ce qu’elles savent à quel point ça l’est, les-choses-pas-très-sexy ?

Elle me regarde depuis que je suis entré, elle me parle depuis cinq minutes. A peine une cigarette sortie de mon paquet qu’elle vient vers moi, me la prend des mains, sans me dire merci, attendant d’utilisez un briquet (le mien, sans me regarder).
L’impolitesse paye toujours. Elle ne s’arrête pas de faussement danser entre nous deux.

Elle est Bretonne, de belle-île-en-mer.

Nous on est au shots, maintenant.
Reprend un verre.

Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.

Oh tu sais, moi j’habite le 11e, à la Folie Méricourt. Lui se démerde, il est à Saint-Germain. Elle me sourit de plus belle.

On en est presque au one-shot, lui est du genre bad lieutenant, je travaille sur le quai d’en face. Il avait le regard de celui qui fait une roue pour un verre, on se comprenait bien.

Sécurité publique ? Jeux ? Il sourit.

Mœurs ?

Il habite à saint germain, on s’en fout.

Reprends un verre.

C’est halloween et elle me dit :
« Vous faites l’homme sombre ce soir ? »
Je suis sur une chaise dans le coin et je vois toute la salle et je la vois elle danser, et faire semblant de ne pas me regarder depuis un bon quart d’heure. Je vois son mec aussi, à ses côtés, en conversation éthylique avec un ami, un type bedonnant au crâne rasé qui a l’air doux comme une matraque enrobée de sucreries. On dit son compagnon.
La vie est tellement insupportable qu’il est bien d’avoir un compagnon. Ce mot parle, ça t’accompagne.
Plus tard, tu accompagneras ton fils à la rentrée des classes. C’est bien d’avoir un compagnon dans les épreuves difficiles.
Pas plus tard que ça, tu accompagneras ta compagne à la clinique.

On en est là (je suis essouflé) : Elle me dit ça juste après m’avoir pris une cigarette des mains. Je fume trop en ce moment. Elle me prend la cigarette des mains, l’examinant comme si la Lucky Strike allait lui révéler subitement ma nature profonde, mes pensées. C’est là qu’elle me regarde et qu’elle me dit ça. L’homme mort. L’homme sombre. Et ça, me fait sourire.

Etre tricard dans sa ville. On m’a expliqué ça dans un parc pendant l’été 98 (un ancien pensionnaire de Fleury la-belle-impossible). Etre interdit de séjour dans une ville, par décision de justice. Etre interdit de séjour chez soi. Etre interdit de séjour dans sa ville. Etre tricard dans sa vie. Dans la vie désirée de l’être.

Notre-Dame.

L’amour c’est du sperme, de la pisse, de la sueur, tout ça mélangé et un sourire, c’est aussi ça, maaarylou.

Elle a les yeux évasifs et patients de celles qui ont beaucoup roulé. Elle ne compte pas, moi non plus.



Il y a trop de mois déjà (une autre, bien plus importante) :

Elle a évoqué les choses qui abîment, ma princesse, l’automne dernier. Les choses qui abîment qu’elle n’a pas eu le temps de me dire. Love, Love, Love, tu te souviens. Qu’elle ne voulait pas me dire. Les choses qui abîment un peu plus : j’ai pensé à elle, ce soir là. Eu envie de lui crier peu importe, ne me le dit jamais, je le sais. Eu envie de l’embrasser, mais comme tous les soirs, elle n’était pas là.
Et alors moi je me trimballe ton petit fantôme, et je peux sourire et rire et aimer. Tu m’as redonné vie. Tu vois bien qu’il ne faut pas dire les choses, c’est ridicule. On sait juste qu’elles sont là. Avant c’était moi sans les couleurs RVB. Moi en PAL et certains l’ont vu. K-O. Tu sais tout ça. Voilà tout ce que tu es : Une fille qui m’a offert le plus beau sourire alors que je n’étais qu’un boxeur à terre, la gueule un peu tordue. Le plus beau des sourires, gratuitement. Il s’agit bien de noblesse, princesse.

Et moi : Je, bien plus que moi. Je te rends la monnaie, gratuitement, j'essaye.

Et merde ;)

:

podcast
(N.O.)

07.06.2008

L'amour contrarié ? L'histoire de ma vie

(Extrait personnel du Good Ol'Time)
- Non mais tu trouves pas que t’en fais trop là ? (ma mauvaise conscience cynique sera jouée par un tiret)
Moi : Il faut bien les vendre, ces pixels.
- gna gna gna, n’importe quoi.
Je venais de me souvenir de mon premier flirt, aux âges préhistoriques du début des 90’s
- Déjà, tu mens, c’était en 1995 t’es pas si vieux que ça, te fous pas de leurs gueules mon vieux.
Hum euh.
- Pauv’ faux blasé de merde, vas y déballe.
Alors y avait cette fille, elle s’appelait Vanessa, comme dans la chanson éponyme.
- Ouch, cte cliché, tu espères faire croire ça à qui ?
Ta gueule, laisse moi finir. Bon, Vanessa était brune, avait des petits seins*, était mythomane, cyclothymique au-delà du raisonnable, une petite métisse punkette en jupe droite noire et doc martens, deux amandes à la place des yeux, et une petite mèche rebelle qui…
- Ouais bref, t’étais cuit mon gros.
Tu peux le dire. Dès le départ ça sentait le roussi. Mais bon, à 15 ans, tu me pardonneras. J’étais pas le vieux chêne expérimenté-inébranlable que je suis devenu entre temps, montrant aux jeunes qui veulent bien écouter la voie à suivre d’une sobre et implicite main tendue vers l’horizon (à gauche).
- Hein ?
Tu m’écoutais pas ?
- J’étais parti pisser, ‘xcuse. Alors métisse amandes jeune chêne, on y est. L’action commence. Enfin j’espère.
Bah s’ta dire, j’aurais bien voulu, c’est pas faute de la harceler et d’lui faire des regards de grand brun ténébreux.
- Mouhahahaha, excuse moi, continue mec.
Bon on a joué à chat et à la souris pendant un an tu vois le genre. Malgré mon approche romantique et pleine de tact, j’ai pas réussi à négocier l’obstacle.
- L’obstacle ? traite la de jument tant que t’y es.
ça va, c’est pas toi qui va faire la prude.
- Hum, c’est vrai. Ça me fait penser à ce que me disait parenthèse, une mauvaise conscience de fille, une amie. Elles sont beaucoup plus trash c’est clair.
Une amie ? tu veux dire… ?
- Hein ? non non, bon on dévie là.
Je suis sûr que t’aimerais bien.
- Non c’est une amie, on s’entend bien c’est tout, sans plus.
Hé hé hé hé Tu lui fais la plus vieille feinte de la terre là. Je me demande comment des gens y croient encore. Il n’y a pas que moi qui suis inébranlable hein.
- Tu penses vraiment que c’est avec ce genre de jeu de mots que tu vas les faire rire ?
Non, c’était entre nous ;
- Bon allez accouche là j’ai envie d’aller voir le film de la hunne.
Ouais bref tout ça a fini en eau de boudin.
- Antillaise ?
Non métisse indonésienne chai plus quoi.
- Aïe aïe aïe.
Je te le fais pas dire. Alors un jour plus de nouvelles, elle change de bahut, va en internat, ouais elle était un peu barrée comme moi mais je reste dans le public, honneur oblige.
Et au bout d’un an ou deux, une lettre d’une jolie écriture mais je tilte pas tout de suite, elles écrivent un peu toutes pareil, tu sais...
- ouais, tu écris comme elles aussi, pas vrai l'pompeux ?
hum, bon j’ouvre la lettre et là elle me ressort un pitch de série pour ado qui lui a fait penser à moi. Enfin à notre histoire avortée on va dire.
- Comme quoi, plutôt bien vu.
Mais ta gueule. Voilà ce qui l’a empêchée de sortir avec moi : La peur.
- C’était évident dès le départ.
C’est vrai que je suis beau, il n’y avait que ça, j’aurais du y penser.
- T’enflammes pas coco. C’est juste l’âge. Mouarf. Bon c’est tout ? fin de cette histoire minable ?
En fait… pas tout à fait.
- Ouais, je sais. Pourquoi tu crois que je suis là ?
Cheers.
- A tes amours.

podcast
* et les a toujours deux enfants plus tard. Elle vit en couple dans un appartement de la région parisienne, heureuse et plus punkette pour un sou (quoique).
Elles ont le droit de faire ça quand on pose notre regard sur elle à quinze ans ? on est pas au sultanat d’oman ? ah ouais, merde, j’m’habituerai jamais.

04.06.2008

Convention, Blues, la transition dure

737806408.jpgEngagement en deux camps : Ceux qui assument et ceux qui n’assument pas. Ce que l’on cherche pour passer le temps, sans vraiment le vouloir (ou camp numéro deux : l’engagement qui fait passer le temps sans vraiment le vouloir).
Ceux qui attendent d’être au pied du mur. « Tu as trente huit ans, il est temps d’en faire un, Mademoiselle »
Tu as dix sept ans, tu dois rendre ton commentaire de texte pour demain.
Il est 22h20. Qu’est ce que tu fais. Fume une cigarette, écoute encore un morceau. On a tout le temps. Toute la nuit.

En ce moment, je collectionne deux choses, les magnets maillots de football sur la porte du frigo. Ils les donnent avec les paquets de pitch. Une réminiscence des premiers étés de découverte du beau sexe (pas le premier, le beau, le superbe sexe) (la pièce de théâtre perso, la bonne, s’appelait Dialogues avec un clitoris. Voire même Débat-conférence en présence de clitoris, vagin, point G, et nombreux guests.
Les Monologues, c’est de la merde pour stupide vierge effarouchée mal chanceuse.
- Mais aucun psy dans les environs, alors je ne sais pas très bien ce que ça peut vouloir dire, cette attirance pour les gâteaux sponsors du basketball.

Je collectionne les capsules Leffe et Veuve Clicquot etc, vous avez compris le principe, une de chaque de tout ce que je bois. Ça reste là dans le tiroir à couverts de ma vie décalée-si-peu quand je décapsule une bière à deux heures du matin ou quand je sers le champagne au couple pacsé (bientôt au pluriel, les pacs se reproduisent sans fin). Juste avant de servir le gigot en boite.
Mettez vos verres sur des sous bocks, vous allez rayer la table.
Mettez vos talons sur mes épaules, vous allez rayer le parquet. Un talon mord la chair nue d’une épaule (c’est pour la touche réaliste de la note) d’un bon maître de maison.

On sert tous à quelque chose :
Sers toi de moi, sers toi de moi pour passer à autre chose, sers toi de moi pour faire un enfant. Sers toi de moi pour réparer ta chaudière. Pour te payer une bière. Sers toi de moi pour entendre que tu as un beau cul. Sers toi de moi pour te conduire au boulot.
Pas de raison d’en vouloir à personne, on le fait tous. Chacun se sert de l’autre, plus ou moins longtemps. Sers toi de moi pour réaliser ton idéal de vie. Sers toi de moi pour porter tes courses. Sers toi de moi pour te voir sublime et trempée.

On rêve, puis on obtient ce que l’on veut. Et le moment passe.

L’intensité.
Où est passée ta putain d’intensité ? La question que je me pose depuis des années.
Il faut se faire mal pour se rendre heureux. Il m’a fallu presque trois décennies pour le comprendre, pas seulement pour le ressentir. Ne sert à rien de parler, sauf pour se faire du mal.

Quand est-ce que le cœur bat, plus jamais. C’était addictif dès les premières fois. Un drogué passe sa vie à rechercher le premier blow. La fois où tu as faillis te perdre (chevaucher le dragon pour les plus chanceux) (Pourquoi nous parle-t-il d’une relation avec un dragon ? C'est de la zoophilie antique asiatique ?). Prêts à supporter une vie de bureau pour retrouver le goût de cette fois là. Des bravades toujours et puis on le fait. Sourions le jour où on réussira à s’enfermer dans une quelconque relation.

Tu ne sais pas toi-même ce que tu veux. Toutes les leçons apprises parfois, ne servent à rien. Toutes les leçons apprises des maîtresses. Les maîtresses très XXème de l’Ancienne République. Celle qui se penchait sur toi (sautant du coq à l’âne…) pendant une soirée au public house pour te susurrer à l’oreille : Je n’ai rien sous ma jupe sauf un porte-jarretelles. Et sans te laisser le temps de répliquer puisqu’il n’y avait rien à en dire, de se détourner et rire et sourire à nouveau aux amis aux conversations trinquons trinquons à nos vingt ans et aux temps très long encore avant de consommer – et surtout inestimable : encore deux heures avant d’être raccompagné en voiture par l’ami ? trois heures ? fermeture du pub ?
Les vingt ans les plus bandant de la création. Chez certains, l’érotisme est inné. L’acquis des autres ne remplacera jamais ça, ou bien trop tard.

Je bois au 23e au 24e et à celui de la 25e heure.
Je ne suis pas quelqu’un qui compte.



Pour être épanoui, il faut toute la panoplie ou plutôt pour être épanoui toute la panoplie ne suffira jamais. Sextoys, amants amantes (veaux, vaches, cochons), télévision numérique terrestre, Weblogs, aventures extra concubinage. Fantasmes, fouet, martinet, martine à la plage, martine dans le bus, martine dans le photomaton, martine devant un couple d’amis, martine sur le canapé, martine derrière le canapé, martine sur le plan de travail.
« « seul », tout est possible »

Quand elle met ses talons les plus hauts dans mon salon, et qu’elle se déshabille complètement, perchée sur deux hauts souliers noirs vernis, je n’ai pas envie d’acheter un monospace. Noirs dans la pénombre, plutôt dans le bleu marine à la lumière du jour d’après. Ça tanguait. Je détourne même le visage de Firefox et de Roland Garros pendant quelques minutes. Toujours prêt à aider, boyscout.

Quand le dernier français sert pour le match, je caresse encore un fantasme. J’oublie l’heure vers 18 ou peut être 21 heures. Faire ça à jeun mérite bien quelques verres, après avoir apprécié sa chance.

Je suis facile et je n’ai plus rien à fumer.

Baiser, regarder des divx, boire tous les jours. Ça a l’air d’un putain de programme.
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Ce n’est pas impudique, c’est le moins beau. C’est la partie la moins émouvante. Tu as envie de commettre un attentat parce que tu en vois trop par ailleurs, de ces images, utilisées à mauvais escient et tu voudrais une excuse mais tu n’en as pas. Je vais me regarder dans un miroir : Prends des poses, connard. Là, je ne m’aime pas.

Allons au bout des désillusions complices.

Réminiscences de brutalité - grimaces - boucle de temps sans engagement (illimité comme les vieux forfaits millenium de 1999) (mais forfaiture) (filons les associations d’idées) (filons, in fine). Boucle dans la boucle de temps (motifs sur motifs sur motifs qui se répètent).

Speak loud and clear, beautiful, ça peut faire mal si on le veut. Si on veut faire le deuil de deux de ses premières vies en 24h, la durée d’un jour noir de l’âme, de minuit à minuit (qui dirait ça ?).

Allons au bout des désillusions complices : Pour ça, seules ma tasse de café et les quelques minutes de musique existent pour moi. J’y pense tous les matins en ne me rasant pas. Encore.

Lovely Day ? J’emmerde Bill Withers. J’emmerde tous les Bill. J’écris.

Fuck me and never know. J’aime les matchs de ping pong.

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