31.10.2008

La terre tourne, aussi

J’ai revu la semaine dernière mon premier amour (période 15-17 ans).

Si je devais résumer ma vie en paires d’yeux (pensez : si une nana devait faire son résumé, elles sont plus crues que nous) :

1. Yeux bleus glacés (Vikings - Suède) (ok, Normandie)

2. Couleur météo (gris-bleus-joie de vivre sur lesquels passaient des nuages)

3. Noirs pétillants

4. Et ces yeux verts qui me regardent aujourd’hui

Mais ouais j’en ai eu d’autres hin hin hin. OK, je m’en suis tapé, des grosses. Mets moi un flingue sur la tempe pour que je l’avoue en serrant les dents.

Pendant un moment je pensais partir à Clermont-Ferrand. Me demandez pas pourquoi, mes amis déterminent un peu ma vie. Je suis là où ils sont. Ça n’avait pas plu à ma copine de l’époque, quand j’ai commencé ce blog, en décembre 2006, la pauvre. Et puis. Et puis je ne sais plus ce qu’il s’est passé dans ma vie, ce qu’il s’est passé, qui j’ai rencontré, à quoi j’ai pensé, je suis resté. C’est une période un peu floue – ce qui me permet de tout m’excuser. On aurait pu appeler ça La tentation de Clermont-Ferrand (une sorte de mini Alain Juppé). J’ai appris il y a deux semaines qu’un de mes deux amis (je sélectionne les amis parmi les meilleurs) et celui qui devait m’héberger dans son palace où il vivotait seul est parti s’installer dans une autre ville sur la côte ouest avec sa nana. Mon plan B en ce moment n’est pas très viable – Et je ne pense pas à partir mais à rester ces jours-ci.

La télé, les grandes villes, etc. Tout ça, ce sont les nanas.
Le modèle we’re the world, c’est féminin. C’est la course du rat dans le labyrinthe de la consommation tralala.
(la démission parentale des femmes qui élèvent leurs enfants pour écraser les autres au bureau) (bref).

Nous, nous sommes romantiques et pas au sens 19e, au sens on veut vivre avec la petite fleur et si possible la butiner à la mi-temps quand on veut ; Faut appeler un chat.

Franchement, vous seriez plus raisonnables... Nous tout ce qu’on veut, c’est vivre dans les highlands avec une peau de bête sur le dos devant une tour en ruine. Exactement, comme Christophe Lambert.

Here we are.

Tu comprends pourquoi on est pas en phase comme disent les jeunes-tétonites.

L’avait tout compris Christophe.

A la rigueur, être Indiana Jones.

N’importe quoi qui n’implique pas de chauffage centralogaz, de conseiller d’orientation (existent-ils vraiment ?) et de centres commerciaux le dimanche-bricorama-stand-de-sandwich sur la rue sans nom KFC-Hippo vous connaissez le merdier, on a pas tous les jours envie d’y retourner.

Et puis Eurodisney, ah ouais, Eurodisney. “them crazy french”

Quand j’entends ma sœur dire qu’elle trimballe les gamins (150 kilomètres en passant par le périph) (ma sœur est une wanabee-versaillaise), je la regarde comme une dingue (au téléphone, je l’écoute comme une dingue en entendant les deux chromosomes Y brailler derrière. Je les appelle « petits chimpanzés »).

Cinglée de s’imposer ça.

Bon, bah, je sais pas, j’aurais des gamins, j’invente, t’vois ? Je leur raconte des histoires, je m’occupe d’eux correctement.


Eurodisney ? Mais mon chéri, ça n’existe pas ; J’tai déjà dit pour le père noël quand t’as eu 2 ans. T’as passé l’âge de croire à cette légende, j’te fais confiance. Allez gros bêta. Tu crois vraiment que les américains auraient construit un parc d’attraction dans la zone 8 du RER ?? Hein ?? Et puis les syndicats n’auraient jamais accepté de payer Mickey au smic, tu le sais bien. T’es dans le 99e centile toi.

Fais pas ton ronchon, t’es intelligent, t’es le premier de ta classe de maternelle. T’as pas cru le programme de reconstruction sociale de Sarkozy pour 2012 comme 55% de tes compatriotes inscrits sur les listes électorales ? Bon alors, Eurodisney, ça n’existe pas. Pa-reil.

Je t’emmène au superbar à côté. Là c’est la vraie vie, les vraies attractions. Le Banco magique. Les piches au bar. Ah, pour les attractions principales La Pinte Fantôme (celle que tu ne payes pas parce que le serveur l'a oubliée), Le Whisky des Pirates à 8€50, La coupe des caraïbes est pleine, t’as pas encore l’âge. On va commencer en douceur, par Les Tasses qui Dansent Devant Tes Yeux. Et par It’s a Small World.

It’s A Small World, regarde mon fils, celle là assise toute seule au fond, avec son leggings (oui c’est un leggings, tu dois commencer à apprendre maintenant). Papa la connaît. Tu parles d’un hasard. Bon ok celle là on peut pas la faire ensemble. Tu verras plus tard. Mais il faut une solide constitution c’est mieux. Je t’inscris au baby-judo ? Au baby-baby-foot pour tes premiers manèges ? Nan, le baby-rugby, pas question, c’est rien que des enfants d’beaufs qui roulent en break turbodiesel.

Si tu es sage, je te raconte encore Le Destin Tragique de Luis Figo ce soir.

Il faisait très beau ce jour là. C'était la saison des transferts. Le blé était bien au chaud et les terrains bien verts.
À l'abri du soleil, sur un banc des remplaçants, une maman-sélectionneur était là, posé sur son cul, elle couvait un petit rhume des foins rapport au blé.

Elle commençait à trouver le temps long à rester toute seule assise sur ce banc.

Enfin les œufs d’or craquèrent* l'un après l'autre. On entendait "crrrac... crrrrac..." et les canetons (on va situer ça au centre de formation de l’A.S. Cannes), les uns après les autres, sortirent de leur coquille.

Maman-sélectionneur fit une rapide inspection de ses petits, puis de son nid, et là, que vit-elle?

- Oh non ! il reste encore un œuf !

Un oeuf n'avait pas encore éclos* et restait dans le nid.

Tout autour les petits canetons piaillaient d’impatience de gagner leur première FIFA Cup mais maman-sélectionneur décida de se remettre sur le banc pour couver ce dernier oeuf.
(…)


Pas mal, Hans Christian Andersen. En plus, t’as un nom de consultant. J’ai un bon feeling à ton sujet.

Ma mère me dit passe moi ton portable j’ai plus de batterie. On est sur le boulevard, elle me dit tu es comme tous les hommes, tu ne sais pas faire deux choses en même temps (en fait trois, sortir de l’unité de réanimation, lui composer le numéro de sa sœur sur mon portable, lui allumer sa cigarette en jonglant avec la mienne). Mais je suis obligé d’admettre que c’est vrai. J’ai déjà du mal à écrire en écoutant Queen. Si tu viens chez moi et que tu as très faim, arrête de me parler. En plus tu crois qu’elle s’arrête pour me laisser jongler ? Ah ah non elle galope vers l’arrêt de bus.
Elle me dit Tu ne fumes pas trop hein ? une Camel à la main. Elle me dit ralentis (vous connaissez la chanson).
Tu es comme toutes les femmes, tu es exigeante.

C’est le moment de mettre la K7 du World According to Wayne et de secouer très fort la tête.


*NDM : Des œufs éclosent,mais ce verbe ne se conjugue pas au passé simple. Le crac-crac qui plaît déjà tant aux gamins (sourire quand on imite)(rires nerveux) a donc été faussement rajouté en faisant style c’est fait-exprès par les traducteurs. La forme dicte souvent la tournure des phrases (je sais, je fais des périphrases quand je ne suis pas sûr de ma grammaire bancale) (je parle souvent à l’infinitif ou en grognant). C’est donc une traduction bien gauloise, comme une fausse pub des nuls (tu te souviens de la blague du 31e régiment parachutiste de Pau ?)

Merci pour la facture qui doit avoisiner les 300.000, cet ordre de grandeur, 'fin merci quoi. Merci pour les 10 litres de A+. Merci pour tout. Ce n’est pas encore fini.