12.06.2008
Convention, Blues, Notre-Dame
J’y pense dans ce pub à l’étranger. Ne sert à rien de le dire, tout le monde sait ça. Je vais manquer de tact, envie de Célébrer la Word Culture.Assis au milieu de l’assemblée de la jeunesse – irlandaise, américaine, anglaise, allemande, israëlienne. A ce chœur qui se forme spontanément pour la célébrer – quand ce titre est joué par le groupe résident, ou celui de passage. C’est l’hymne absolu de la jeunesse occidentale. Sans les violons, les percussions résonnent. Toujours, les yeux du chanteur brillent au bout de quelques mesures (l’hymne possède).
Dans ce pub étranger-familier universel, notre pays nous manque. Il est quelque part, on le devine, on le transporte avec nous, mais l’illusion demeure : Un point fixe, au loin, qu’on ne peut pas atteindre dans l’instant.
Que notre pays est ailleurs. Que notre pays est là. L’essence de la civilisation (diminue).
Cet hiver, je suis dans un pub étranger en France. Je ressens la même chose.
Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.
Elle me dit ça d’un air rêveur et en lui souriant, et je me demande pendant un moment si elle n’aime pas aussi les femmes. Mais elle est photographe, elle s’appelle Manon.
Elle me répond : « Manon » d’un air aussi rêveur. Elle est belle comme un tableau de Toulouse-Lautrec avec ses bas neufs qu’elle réajuste toutes les cinq minutes en soulevant sa jupe et en me disant « Excusez-moi ce n’est pas très sexy » et ses yeux d’en bas.
Est-ce qu’elles savent à quel point ça l’est, les-choses-pas-très-sexy ?
Elle me regarde depuis que je suis entré, elle me parle depuis cinq minutes. A peine une cigarette sortie de mon paquet qu’elle vient vers moi, me la prend des mains, sans me dire merci, attendant d’utilisez un briquet (le mien, sans me regarder).
L’impolitesse paye toujours. Elle ne s’arrête pas de faussement danser entre nous deux.
Elle est Bretonne, de belle-île-en-mer.
Nous on est au shots, maintenant.
Reprend un verre.
Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.
Oh tu sais, moi j’habite le 11e, à la Folie Méricourt. Lui se démerde, il est à Saint-Germain. Elle me sourit de plus belle.
On en est presque au one-shot, lui est du genre bad lieutenant, je travaille sur le quai d’en face. Il avait le regard de celui qui fait une roue pour un verre, on se comprenait bien.
Sécurité publique ? Jeux ? Il sourit.
Mœurs ?
Il habite à saint germain, on s’en fout.
Reprends un verre.
C’est halloween et elle me dit :
« Vous faites l’homme sombre ce soir ? »
Je suis sur une chaise dans le coin et je vois toute la salle et je la vois elle danser, et faire semblant de ne pas me regarder depuis un bon quart d’heure. Je vois son mec aussi, à ses côtés, en conversation éthylique avec un ami, un type bedonnant au crâne rasé qui a l’air doux comme une matraque enrobée de sucreries. On dit son compagnon.
La vie est tellement insupportable qu’il est bien d’avoir un compagnon. Ce mot parle, ça t’accompagne.
Plus tard, tu accompagneras ton fils à la rentrée des classes. C’est bien d’avoir un compagnon dans les épreuves difficiles.
Pas plus tard que ça, tu accompagneras ta compagne à la clinique.
On en est là (je suis essouflé) : Elle me dit ça juste après m’avoir pris une cigarette des mains. Je fume trop en ce moment. Elle me prend la cigarette des mains, l’examinant comme si la Lucky Strike allait lui révéler subitement ma nature profonde, mes pensées. C’est là qu’elle me regarde et qu’elle me dit ça. L’homme mort. L’homme sombre. Et ça, me fait sourire.
Etre tricard dans sa ville. On m’a expliqué ça dans un parc pendant l’été 98 (un ancien pensionnaire de Fleury la-belle-impossible). Etre interdit de séjour dans une ville, par décision de justice. Etre interdit de séjour chez soi. Etre interdit de séjour dans sa ville. Etre tricard dans sa vie. Dans la vie désirée de l’être.
Notre-Dame.
L’amour c’est du sperme, de la pisse, de la sueur, tout ça mélangé et un sourire, c’est aussi ça, maaarylou.
Elle a les yeux évasifs et patients de celles qui ont beaucoup roulé. Elle ne compte pas, moi non plus.
Elle est Bretonne, de belle-île-en-mer.
Nous on est au shots, maintenant.
Reprend un verre.
Elle est mignonne la serveuse. Ça change tout le temps, ici.
Oh tu sais, moi j’habite le 11e, à la Folie Méricourt. Lui se démerde, il est à Saint-Germain. Elle me sourit de plus belle.
On en est presque au one-shot, lui est du genre bad lieutenant, je travaille sur le quai d’en face. Il avait le regard de celui qui fait une roue pour un verre, on se comprenait bien.
Sécurité publique ? Jeux ? Il sourit.
Mœurs ?
Il habite à saint germain, on s’en fout.
Reprends un verre.
C’est halloween et elle me dit :
« Vous faites l’homme sombre ce soir ? »
Je suis sur une chaise dans le coin et je vois toute la salle et je la vois elle danser, et faire semblant de ne pas me regarder depuis un bon quart d’heure. Je vois son mec aussi, à ses côtés, en conversation éthylique avec un ami, un type bedonnant au crâne rasé qui a l’air doux comme une matraque enrobée de sucreries. On dit son compagnon.
La vie est tellement insupportable qu’il est bien d’avoir un compagnon. Ce mot parle, ça t’accompagne.
Plus tard, tu accompagneras ton fils à la rentrée des classes. C’est bien d’avoir un compagnon dans les épreuves difficiles.
Pas plus tard que ça, tu accompagneras ta compagne à la clinique.
On en est là (je suis essouflé) : Elle me dit ça juste après m’avoir pris une cigarette des mains. Je fume trop en ce moment. Elle me prend la cigarette des mains, l’examinant comme si la Lucky Strike allait lui révéler subitement ma nature profonde, mes pensées. C’est là qu’elle me regarde et qu’elle me dit ça. L’homme mort. L’homme sombre. Et ça, me fait sourire.
Etre tricard dans sa ville. On m’a expliqué ça dans un parc pendant l’été 98 (un ancien pensionnaire de Fleury la-belle-impossible). Etre interdit de séjour dans une ville, par décision de justice. Etre interdit de séjour chez soi. Etre interdit de séjour dans sa ville. Etre tricard dans sa vie. Dans la vie désirée de l’être.
Notre-Dame.
L’amour c’est du sperme, de la pisse, de la sueur, tout ça mélangé et un sourire, c’est aussi ça, maaarylou.
Elle a les yeux évasifs et patients de celles qui ont beaucoup roulé. Elle ne compte pas, moi non plus.
Il y a trop de mois déjà (une autre, bien plus importante) :
Elle a évoqué les choses qui abîment, ma princesse, l’automne dernier. Les choses qui abîment qu’elle n’a pas eu le temps de me dire. Love, Love, Love, tu te souviens. Qu’elle ne voulait pas me dire. Les choses qui abîment un peu plus : j’ai pensé à elle, ce soir là. Eu envie de lui crier peu importe, ne me le dit jamais, je le sais. Eu envie de l’embrasser, mais comme tous les soirs, elle n’était pas là.
Et alors moi je me trimballe ton petit fantôme, et je peux sourire et rire et aimer. Tu m’as redonné vie. Tu vois bien qu’il ne faut pas dire les choses, c’est ridicule. On sait juste qu’elles sont là. Avant c’était moi sans les couleurs RVB. Moi en PAL et certains l’ont vu. K-O. Tu sais tout ça. Voilà tout ce que tu es : Une fille qui m’a offert le plus beau sourire alors que je n’étais qu’un boxeur à terre, la gueule un peu tordue. Le plus beau des sourires, gratuitement. Il s’agit bien de noblesse, princesse.
Et moi : Je, bien plus que moi. Je te rends la monnaie, gratuitement, j'essaye.
Et merde ;)
:
(N.O.)
13:50 Publié dans Réalité fictionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : convention, blues, notre-dame
10.05.2008
Convention, Blues, ligne de nuit.
C’est ça. On a à peine le temps de prendre une inspiration, il faut replonger. Le savoir d’avance ne me fait ni chaud ni froid. La grêle dix minutes ? Je le savais. Demain il fera beau, je le sais. Le mauvais coup sourit. D’ailleurs, dix minutes… Il fait toujours chaud. L’orage a une influence assez électrique sur nous. C’est un jeu stupide dont je connais les règles par coeur. Trop : Ça fait longtemps que ça ne m’amuse plus, intellectuellement. Le gosse ricane. Fait du théâtre pour les passants si tu veux.
Un jour, j’ai gagné à Vegas. T’es blasé, connard ? Je le suis. Et tu ne sauras jamais pourquoi. Je sais.
Physiquement ? J’ai 27 ans (twenty seven) et pas un mois à perdre. Jouer des parties sans enjeux de temps en temps. L’habitude d’être impassible (on le sait, entre joueurs, hein ?), de ne rien montrer par un regard, en se passant la main sur le visage etc, vous savez ce genre de choses que font les amateurs.
Les autres vont voir qu’on bluffe, sinon. Les amateurs qu’on plume.
Et puis on se prend au jeu. Avec les vieux réflexes.
Road Trip est un bon teenage movie. Il y a cette scène dans le bus quand la jolie blonde sûre d’elle et patiente et amoureuse et endormie en travers de deux sièges du Greyhound pour rejoindre le mec qu’elle aime, entre deux histoires (lui).
Elle se fait lécher le pied nu par un mec de la rangée suivante.
Le bus est endormi presque entièrement.
Et elle dit :
« Est-ce qu’il n’y a pas, sur cette terre, UN SEUL MEC normal ? »
Elle dit ça en VF.
Et ça me fait rire. Ça me fait rire…
La grand-mère noire de la travée gauche lui offre un vibromasseur pour la consoler. Le dernier type auquel j’ai fait confiance, c’était en 1985. Et il est parti avec mon mini-van. Vous savez, les mini-van anciens, solides, ceux qu’on ne fabrique plus.
Je pense à un autre air, plus simple et humble, en tête.
Ça fait :
The moment I wake up
Before I put on my make up
And wondering what dress to wear, now
Quelque chose comme ça. Ça me fait penser à elle. Je l’imagine, dans un bus. Non, je sais qu’elle est dans ce bus, inlassablement, tous les matins.
Le matin, inlassablement en train de choisir la robe qu’elle va porter aujourd’hui. Parce qu’il fait beau. Pour toute la vie, beau et quelle robe porter ?
Inlassablement, vérifiant son maquillage.
Ça continue comme ça :
I run for the bus, dear.
While riding the bus, dear.
Tu m’as appelé chéri.
While riding, I think of us, dear. I say a little prayer for you.
Je n’ai même plus besoin de boire après ça. C’est ce qui me déprime. Ressentir de moins en moins. Comment vais-je finir, à réclamer des coups pour me sentir vivant ? Le bonheur est bien trop facile. Faut se faire mal. Ouais, bonne idée disent les amis !
Allons chasser les ombres. Oui, mais on peut venir avec quelqu’un dit l’invité hésitant ?
Mais bien sûr. Tu viens avec qui tu veux. Je t’invite, alors évidemment. Avec plaisir.
Je bois avant la fête. Night time.
Un jour, j’ai gagné à Vegas. T’es blasé, connard ? Je le suis. Et tu ne sauras jamais pourquoi. Je sais.
Physiquement ? J’ai 27 ans (twenty seven) et pas un mois à perdre. Jouer des parties sans enjeux de temps en temps. L’habitude d’être impassible (on le sait, entre joueurs, hein ?), de ne rien montrer par un regard, en se passant la main sur le visage etc, vous savez ce genre de choses que font les amateurs.
Les autres vont voir qu’on bluffe, sinon. Les amateurs qu’on plume.
Et puis on se prend au jeu. Avec les vieux réflexes.
Road Trip est un bon teenage movie. Il y a cette scène dans le bus quand la jolie blonde sûre d’elle et patiente et amoureuse et endormie en travers de deux sièges du Greyhound pour rejoindre le mec qu’elle aime, entre deux histoires (lui).
Elle se fait lécher le pied nu par un mec de la rangée suivante.
Le bus est endormi presque entièrement.
Et elle dit :
« Est-ce qu’il n’y a pas, sur cette terre, UN SEUL MEC normal ? »
Elle dit ça en VF.
Et ça me fait rire. Ça me fait rire…
La grand-mère noire de la travée gauche lui offre un vibromasseur pour la consoler. Le dernier type auquel j’ai fait confiance, c’était en 1985. Et il est parti avec mon mini-van. Vous savez, les mini-van anciens, solides, ceux qu’on ne fabrique plus.
Je pense à un autre air, plus simple et humble, en tête.
Ça fait :
The moment I wake up
Before I put on my make up
And wondering what dress to wear, now
Quelque chose comme ça. Ça me fait penser à elle. Je l’imagine, dans un bus. Non, je sais qu’elle est dans ce bus, inlassablement, tous les matins.
Le matin, inlassablement en train de choisir la robe qu’elle va porter aujourd’hui. Parce qu’il fait beau. Pour toute la vie, beau et quelle robe porter ?
Inlassablement, vérifiant son maquillage.
Ça continue comme ça :
I run for the bus, dear.
While riding the bus, dear.
Tu m’as appelé chéri.
While riding, I think of us, dear. I say a little prayer for you.
Je n’ai même plus besoin de boire après ça. C’est ce qui me déprime. Ressentir de moins en moins. Comment vais-je finir, à réclamer des coups pour me sentir vivant ? Le bonheur est bien trop facile. Faut se faire mal. Ouais, bonne idée disent les amis !
Allons chasser les ombres. Oui, mais on peut venir avec quelqu’un dit l’invité hésitant ?
Mais bien sûr. Tu viens avec qui tu veux. Je t’invite, alors évidemment. Avec plaisir.
Je bois avant la fête. Night time.
22:10 Publié dans Réalité fictionnelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : convention, blues
05.05.2008
Convention, Blues
Je connais un air de blues par ici. J’ai envie de le jouer aujourd’hui. Quand j’écris sur ce canapé, dans la pénombre, il y a du beau je (tu causes). Des chutes. Des notes que l’on connaît déjà. Carambolage. Crash.
Tu te rappelles comme sur le papier, tu as bien appuyé sur le R de Crash pour pouvoir te relire.
J’ai quand même trouvé le temps d’écrire quatre pages de merde, ce week-end. Poubelle. Heureux. Des pages de merde. Mal à l’estomac depuis vendredi. Je préfère raconter ça.
Je pense hier soir à Elle ; Elle n’a pas pu garder la petite culotte, la bas de gamme avec des cerises imprimées. Elle n’était plus blanche, mais transparente et bleue par endroit, mauvais tissu. Le reste de la lingerie, elle a dû la garder et s'en servir avec d'autres. De l’argent, des symboles moins fort que le temps des cerises. Je ne sais pas pourquoi j’y repense maintenant. Ça fait des années, et j’y pense. Ça fait quatre ans ces mois-ci que je ne l’ai pas vue. Sans compter la fois où je l’ai reconnue et aperçue dans une rame 1 qui filait vers la défense l’été il y a trois ans. J’étais accompagné moi aussi, plutôt bien. Mais il fallait que ce soit moi qui me retourne vers la rame quelques secondes après qu’on soit sortis quand le métro commence à rouler. Putain d'instinct de chien. Il fallait qu’elle soit avec lui. Alors, c’est lui. Il fallait qu’elle rit aux éclats à ce moment-là, serrée contre lui. Je ne sais plus à quel temps écrire.
Elle ne me voit pas. Elles sont myopes, elles le sont toutes un peu.
Une de dernières phrases vraiment sincères qu’elle a eu pour moi fut :
« J’ai dû jeter la petite culotte, tu sais, celle… »
Elle me rappelait trop…
On a fait l’erreur d’être heureux du premier coup. On s’est trop aimés. Trop de pression pour pouvoir continuer. En écrivant ici ces dernières phrases volées je sais pourquoi j’y repense maintenant. Si je te fais marrer comme ça, pourquoi on est pas ensemble ?
Il y a un an elle m’écrit en réponse : « Je regarde les rayons des librairies, j’ai un peu peur. Qu’est ce que tu fais en ce moment ? »
Il y a au moins une personne qui devine mon début d’idée de faire quelque chose et l’anticipe un an à l’avance sans me voir. Une personne qui pense qu’éventuellement, oui, et que ça va la toucher, forcément. Une personne sur cette terre. C’est pas mal, une personne.
On a jamais parlé de ça, avant. Peut être deux fois en cinq ans « Ecris. Tu devrais écrire ».
On écrit tout à quatre mains, et en fait, bien plus.
Non, je n’ai rien de spécial à raconter.
Il faudrait dire le hasard et la conjonction des évènements de ce week-end, mais c’est le banal de l’histoire. Il y a cette (autre) femme. D’autres qui dorment, quelque part.
- Tu es parti l’autre fois.
Elle dit ce reproche en se rapprochant beaucoup trop dans ce bar du XIème. Ça fait deux ans.
« J’ai envie de me faire pardonner »
J’ai 27 ans, 22 ans, 15 ans, 8 ans, It’s all in me. J’ai 35 ans.
Est-ce que tu peux te faire pardonner d’une quelconque manière en la rendant amoureuse plus qu’elle ne l’a jamais été, dans la dizaine d’heures qu’il faut pour une journée parfaite : Logique humaine. Se faire pardonner en faisant le pire.
Rien d’autre à dire l'autre fois que tu mérites mieux que moi et plus qu’être vrai, c’est la pire chose à dire à quelqu’un quand on s’en va. Alors on se tait.
Apparemment, à 27 ans tu es toujours jeune avec tous les défauts. Peut être qu’une de ces nombreuses fois d’après, tu t’arrêtes au bon moment, celui où elles jouissent seules, en silence, en tremblant.
Toi, tu ne la touches plus – il ne faut pas. Tu retiens ton souffle, volontairement.
Tu fais ça à une fille qui n’a que peut être que 3 ans encore pour faire un enfant. Connard. Je crois que je m’aimais encore il y a quelques mois. 3 ans, 36 mois.
Il y eut cette fois, rapide, pour se dire bonjour. Un coït brutal de politesse parce que deux corps qui s’attirent. Après, tu ne t’en souviens plus.
Peut être que tu as acheté un Cheval Noir pour 7€40 – bon deal - et un paquet de cigarettes en bas dans la rue, à moitié drogué, voyant les autres transpirer enfermés dans les bus. C’est l’heure du goûter hey, oh. Peut être. Peut être que tu essayes de sourire aux enfants et aux passants en puant la chatte à deux mètres.
Comme un anti-héros à la mode. Mais tu es dans la vie réelle. Il y a de la gravité. Il n’y a pas de palmiers, la Porsche au phare avant-droit cassé n’est pas une 911, tu n’es pas écrivain, tu n’as rien écrit. Tu n’es pas toujours ( !) un bon coup nonchalant. Les coups font mal, les larmes de ces jolies filles bien plus que tout. Le mal au ventre, tu l’auras bien après ces quelques jours, mal rasé sous le soleil du nord dans les odeurs de 206 diesel et des taxis trop rares. Plus belle la vie.
Tu n’as jamais eu cette fille qui aurait six ans aujourd’hui avec cette ex cool, vraiment cool, si cool que tu finis par en conclure… Tu ne vas pas la croiser tous les jours, il n’y aura pas de bons mots et de défis faciles pour la reconquérir.
Mais oui, tu la vois en fantôme sur le siège passager, de temps en temps.
C’est la vie réelle. Pas de verbe qui cogne assez fort.
Il y a ces moments magiques, quand tu penses avoir tout dit. Que tu te couches. Son oreiller est humide.
Elle te dit après, j’ai dû pleurer en dormant.
Les faire pleurer. Drôle de métier. Drôle.
Je dis les filles – clin d’œil. Elles peuvent être grandes, plus âgées, être mères. Quand elles couchent avec moi, ce sont des filles. Parce que je suis un gosse.
Je pense aussi on voit dans les autres comme on voit en nous, la plupart du temps avec désinvolture, aveuglement, insouciance, sans volonté. On ne peut pas toujours être concentré.
J’ai fini mon verre somnifère d’un trait. J’ai pensé, et je ne peux pas l’inventer, ça, puisque c’est tellement big-fat-cliché. Il doit être deux ou trois heures du matin : Je pense que plus rien ne bouge, dehors. Je ne pense pas ça, je le ressens, en fait. Le penser vraiment me fait penser aux Nuls.
Tu te rappelles comme sur le papier, tu as bien appuyé sur le R de Crash pour pouvoir te relire.
J’ai quand même trouvé le temps d’écrire quatre pages de merde, ce week-end. Poubelle. Heureux. Des pages de merde. Mal à l’estomac depuis vendredi. Je préfère raconter ça.
Je pense hier soir à Elle ; Elle n’a pas pu garder la petite culotte, la bas de gamme avec des cerises imprimées. Elle n’était plus blanche, mais transparente et bleue par endroit, mauvais tissu. Le reste de la lingerie, elle a dû la garder et s'en servir avec d'autres. De l’argent, des symboles moins fort que le temps des cerises. Je ne sais pas pourquoi j’y repense maintenant. Ça fait des années, et j’y pense. Ça fait quatre ans ces mois-ci que je ne l’ai pas vue. Sans compter la fois où je l’ai reconnue et aperçue dans une rame 1 qui filait vers la défense l’été il y a trois ans. J’étais accompagné moi aussi, plutôt bien. Mais il fallait que ce soit moi qui me retourne vers la rame quelques secondes après qu’on soit sortis quand le métro commence à rouler. Putain d'instinct de chien. Il fallait qu’elle soit avec lui. Alors, c’est lui. Il fallait qu’elle rit aux éclats à ce moment-là, serrée contre lui. Je ne sais plus à quel temps écrire.
Elle ne me voit pas. Elles sont myopes, elles le sont toutes un peu.
Une de dernières phrases vraiment sincères qu’elle a eu pour moi fut :
« J’ai dû jeter la petite culotte, tu sais, celle… »
Elle me rappelait trop…
On a fait l’erreur d’être heureux du premier coup. On s’est trop aimés. Trop de pression pour pouvoir continuer. En écrivant ici ces dernières phrases volées je sais pourquoi j’y repense maintenant. Si je te fais marrer comme ça, pourquoi on est pas ensemble ?
Il y a un an elle m’écrit en réponse : « Je regarde les rayons des librairies, j’ai un peu peur. Qu’est ce que tu fais en ce moment ? »
Il y a au moins une personne qui devine mon début d’idée de faire quelque chose et l’anticipe un an à l’avance sans me voir. Une personne qui pense qu’éventuellement, oui, et que ça va la toucher, forcément. Une personne sur cette terre. C’est pas mal, une personne.
On a jamais parlé de ça, avant. Peut être deux fois en cinq ans « Ecris. Tu devrais écrire ».
On écrit tout à quatre mains, et en fait, bien plus.
Non, je n’ai rien de spécial à raconter.
Il faudrait dire le hasard et la conjonction des évènements de ce week-end, mais c’est le banal de l’histoire. Il y a cette (autre) femme. D’autres qui dorment, quelque part.
- Tu es parti l’autre fois.
Elle dit ce reproche en se rapprochant beaucoup trop dans ce bar du XIème. Ça fait deux ans.
« J’ai envie de me faire pardonner »
J’ai 27 ans, 22 ans, 15 ans, 8 ans, It’s all in me. J’ai 35 ans.
Est-ce que tu peux te faire pardonner d’une quelconque manière en la rendant amoureuse plus qu’elle ne l’a jamais été, dans la dizaine d’heures qu’il faut pour une journée parfaite : Logique humaine. Se faire pardonner en faisant le pire.
Rien d’autre à dire l'autre fois que tu mérites mieux que moi et plus qu’être vrai, c’est la pire chose à dire à quelqu’un quand on s’en va. Alors on se tait.
Apparemment, à 27 ans tu es toujours jeune avec tous les défauts. Peut être qu’une de ces nombreuses fois d’après, tu t’arrêtes au bon moment, celui où elles jouissent seules, en silence, en tremblant.
Toi, tu ne la touches plus – il ne faut pas. Tu retiens ton souffle, volontairement.
Tu fais ça à une fille qui n’a que peut être que 3 ans encore pour faire un enfant. Connard. Je crois que je m’aimais encore il y a quelques mois. 3 ans, 36 mois.
Il y eut cette fois, rapide, pour se dire bonjour. Un coït brutal de politesse parce que deux corps qui s’attirent. Après, tu ne t’en souviens plus.
Peut être que tu as acheté un Cheval Noir pour 7€40 – bon deal - et un paquet de cigarettes en bas dans la rue, à moitié drogué, voyant les autres transpirer enfermés dans les bus. C’est l’heure du goûter hey, oh. Peut être. Peut être que tu essayes de sourire aux enfants et aux passants en puant la chatte à deux mètres.
Comme un anti-héros à la mode. Mais tu es dans la vie réelle. Il y a de la gravité. Il n’y a pas de palmiers, la Porsche au phare avant-droit cassé n’est pas une 911, tu n’es pas écrivain, tu n’as rien écrit. Tu n’es pas toujours ( !) un bon coup nonchalant. Les coups font mal, les larmes de ces jolies filles bien plus que tout. Le mal au ventre, tu l’auras bien après ces quelques jours, mal rasé sous le soleil du nord dans les odeurs de 206 diesel et des taxis trop rares. Plus belle la vie.
Tu n’as jamais eu cette fille qui aurait six ans aujourd’hui avec cette ex cool, vraiment cool, si cool que tu finis par en conclure… Tu ne vas pas la croiser tous les jours, il n’y aura pas de bons mots et de défis faciles pour la reconquérir.
Mais oui, tu la vois en fantôme sur le siège passager, de temps en temps.
C’est la vie réelle. Pas de verbe qui cogne assez fort.
Il y a ces moments magiques, quand tu penses avoir tout dit. Que tu te couches. Son oreiller est humide.
Elle te dit après, j’ai dû pleurer en dormant.
Les faire pleurer. Drôle de métier. Drôle.
Je dis les filles – clin d’œil. Elles peuvent être grandes, plus âgées, être mères. Quand elles couchent avec moi, ce sont des filles. Parce que je suis un gosse.
Je pense aussi on voit dans les autres comme on voit en nous, la plupart du temps avec désinvolture, aveuglement, insouciance, sans volonté. On ne peut pas toujours être concentré.
J’ai fini mon verre somnifère d’un trait. J’ai pensé, et je ne peux pas l’inventer, ça, puisque c’est tellement big-fat-cliché. Il doit être deux ou trois heures du matin : Je pense que plus rien ne bouge, dehors. Je ne pense pas ça, je le ressens, en fait. Le penser vraiment me fait penser aux Nuls.
Elle a ronflé tout à l’heure. Elles ronflent toutes.
Ça, c’est pour la touche réaliste (cul sec).
Fausse impression que tout le monde parle de Dylan en ce moment Oh, whatever makes her happy, I won't stand in the way etc. Et merde. Si vraiment vous voulez, écoutez ça. Souriez, soyez indulgents. J'ai toujours mal au ventre.
Ça, c’est pour la touche réaliste (cul sec).
Fausse impression que tout le monde parle de Dylan en ce moment Oh, whatever makes her happy, I won't stand in the way etc. Et merde. Si vraiment vous voulez, écoutez ça. Souriez, soyez indulgents. J'ai toujours mal au ventre.
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